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Congrès FNSEA : S’affirmer comme des promoteurs de valeur ajoutée

Cette année, le Grand Est ouvrait le bal des prises de parole des régions syndicales lors du huis clos. Photo Pierre Divoux
Cette année, le Grand Est ouvrait le bal des prises de parole des régions syndicales lors du huis clos. Photo Pierre Divoux

 

À l’occasion du huis clos, lors du congrès de la Fnsea, Fabrice Couturier a fait partager aux délégations venues de l’ensemble des territoires les priorités d’action et les doléances du Grand Est.

Temps fort de la seconde journée du congrès de la Fnsea, la prise de parole des régions syndicales. Les congressistes se retrouvent en huis clos pour entendre les interventions des treize présidents régionaux, puis celles des associations spécialisées et des sections sociales, dans un exercice très normé. De trois à quatre minutes par orateur, ce temps privilégié s’avère un vaste tour d’horizon des préoccupations dans les différents territoires et les filières.

Pour le Grand Est, les dix départements s’étaient accordés sur les thèmes à privilégier à l’occasion de leur précédente réunion du conseil d’administration. Charge à son président, de capter l’attention des quelque 500 délégués réunis dans l’auditorium d’Alpexpo à Grenoble.

Continuer à travailler

En préambule, Fabrice Couturier, dans un contexte qu’il décrivait enclin aux «dissenssions» et autres «querelles de clocher» a invité le réseau du syndicalisme majoritaire à resserrer les rangs et «ne pas se décourager». Un message qu’il a souhaité porter au-delà du réseau de la Fnsea en associant «les agriculteurs élus dans nos Opa». «Nous devons continuer à travailler», assurait le président du Grand Est, et rester «des acteurs incontournables de nos territoires» pour «donner des perspectives aux agriculteurs».

Il insistait sur la nécessité de s’affirmer comme des promoteurs de valeur ajoutée y compris «dans chacune de nos fédés». Ce postulat étant, selon lui, une condition sine qua non «de leurs actions». Et sur la forme, relayant «une demande récurrente de nos confrères face à des moyens de production constamment remis en cause et une profession trop souvent attaquée», Fabrice Couturier appelait à «être bien plus fermes sur tous les dossiers».

Débats à venir

Parmi les nombreux chantiers où le syndicalisme et son réseau vont devoir s’investir, le Grand Est a mis en avant la prochaine réforme de la Pac. «Une occasion, pour Fabrice Couturier, de montrer notre capacité à négocier un budget nettement revalorisé, qui préserve nos zones intermédiaires», refusant toutes contreparties sous forme de «baisses induites de productivité».

Fervent défenseur de «l’esprit de filière», où «la valeur se partage en prenant en compte le facteur humain», le président du Grand Est a condamné vivement la stratégie de l’entreprise Lactalis, «abandonnant des centaines de producteurs du jour au lendemain». Il pointait du doigt des territoires entiers qui «demain, seront dépourvus d’activité agricole», et alertait quant «aux drames familiaux que nous ne saurons éviter».

La crise de la Fco

Le Grand Est s’avère sévèrement touché par la Fco. La tribune du congrès de la Fnsea a été mise à profit afin de demontrer l’insuffisance des budgets consacrés à l’indemnisation des pertes. Au-delà de la gestion d’urgence de «cette crise sanitaire douloureuse pour l’élevage et inquiétante pour la souveraineté alimentaire», Fabrice Couturier a appelé de ses vœux «une véritable planification, partagée avec les pouvoirs publics». Il réclamait «une banque d’antigènes gérée par l’État, avec une véritable capacité de production de vaccins».

Toujours à l’attention de l’État, Fabrice Couturier demande à «lever les entraves à notre métier». «Assez de zonages contraints, assez d’interdictions, assez de dégâts de nuisibles et d’espèces protégées», a plaidé le président du Grand Est.