
Lundi 16 septembre, la Fdsea de la Moselle a organisé une action syndicale à vertu pédagogique sur le thème de l’entretien des cours d’eau.
Le sujet est récurrent depuis de nombreuses années dans le département et la qualité des linéaires d’écoulement d’eau se dégrade au fil des ans. Confrontées à des précipitations excessives depuis l’automne 2023, de nombreuses parcelles ont connu des excédents d’eau les rendant impraticables et engendrant la perte de la récolte dans le cas de parcelles en herbe. Fort d’un slogan connu du monde agricole, «il faut agir pour ne plus subir !», le secrétaire général de la Fdsea a lancé une action syndicale à vertu pédagogique le 16 septembre à Boustroff.
Comme dans de nombreuses communes, Vincent Piffert, agriculteur sur la commune de Adelange, est confronté, depuis de nombreuses années, à une impossibilité de récolter certaines prairies du fait de l’absence d’entretien d’un cours d’eau situé sur le ban de Boustroff. Bien qu’ayant fait remonter le problème à sa commune, son syndicat de rivière, sa communauté de communes et à la Ddt, la situation ne s’est jamais améliorée au bout de quatre ans. À plusieurs reprises, ce sujet a été abordé avec les représentants de l’administration, mais de nouveaux freins apparaissaient à chaque fois ne permettant pas d’effectuer l’entretien, comme il était régulièrement réalisé par le passé. Après plusieurs visites sur le terrain, le préfet de la Moselle s’est rendu sur les lieux, le 6 juin, accompagné des représentants de la Fdsea. À cette occasion, Marc Schlemer et Fabrice Couturier (respectivement vice-président et président de la Fdsea) ont affirmé au représentant de l’État que «si l’administration n’est pas capable de régler ce problème qui dure depuis plus de quatre ans, avant le 15 septembre, c’est la profession qui s’en chargera !». L’ultimatum était lancé, et face à l’immobilisme des différents interlocuteurs, la Fdsea a décidé d’organiser une action syndicale pédagogique, le 16 septembre. Comme l’explique Florent Dory, l’idée était de réaliser les travaux d’entretien, dans le respect des prescriptions de la plaquette «entretien des cours d’eau… c’est possible !», afin de solutionner le problème de l’agriculteur mais aussi pour faire la démonstration de ce qui est possible.
Ce lundi 16 septembre, les adhérents des cantons de Faulquemont et Grostenquin se sont rendus sur la parcelle où était organisée l’action de curage. Ils ont ainsi pu assister à une pratique de retrait des atterrissements présents dans le lit du cours d’eau afin de permettre le rétablissement de la circulation de l’eau. Ils ont ainsi pu observer que pour respecter la réglementation, il s’agit uniquement d’un retrait des sédiments, il ne faut pas modifier le lit ou les berges d’origine du cours d’eau, dans ce cas, il faudrait déposer un dossier loi sur l’eau.
Agir pour ne plus subir
Florent Dory rappelle les possibilités d’entretien des cours d’eau et fossés. «Pour les fossés, il n’y a pas de contraintes particulières, vous pouvez agir (voir conditions en page précédente) ; par contre, pour les cours d’eau, il faut respecter les règles d’entretien ! Mais le retrait d’embâcles et d’atterrissements est tout à fait autorisé et il ne faut pas hésiter à passer à l’acte !».
Enfin, concernant les sorties de drainages dans les cours d’eau, le secrétaire général de la Fdsea rappelle qu’il «est possible de curer sur 15 mètres à la sortie des drains sans aucune démarche administrative».