Le président de la Région Grand Est, Franck Leroy, défend la mise en place de l’écocontribution poids lourds (Ecpl), qu’il juge indispensable pour moderniser le réseau routier transféré par l’État à la Région.
La Région cherche à financer le maint i en et la rénovation des infrastructures régionales, l’État lui ayant transféré 525 km de routes nationales et d’autoroutes, la N4 dans la Marne notamment. Les camions de plus de 3,5 t seraient taxés à hauteur de 0,15 €/km parcouru. Les véhicules 100 % électriques ou zéro émission seraient exemptés. Les acteurs de la production agroalimentaire et de l’économie du Grand Est et la Frsea ont demandé la suppression de l’Ecpl, le 25 août à Reims.
«Regarder le sujet dans son ensemble»
«Nous entendons les préoccupations exprimées par les acteurs agricoles et agroalimentaires. Mais il faut regarder le sujet dans son ensemble : l’état de nos grands axes routiers transférés par l’État est aujourd’hui préoccupant du fait d’un sous-investissement chronique, et cette dégradation pénalise déjà directement notre économie», explique Franck Leroy. Et de poursuivre, «chaussées dégradées, ouvrages à reprendre, ralentissements, congestion, accidents, fermetures imprévues : tout cela a un coût très concret. Un camion à l’arrêt, c’est immédiatement de l’argent perdu pour le transporteur comme pour l’entreprise ou l’exploitation qui l’a mandaté. Une heure-camion perdue représente au minimum une soixantaine d’euros, sans compter le retard de livraison, le carburant consommé, l’usure du véhicule et la désorganisation de toute une chaîne logistique».
Le président de la Région annonce près d’un milliard d’euros d’investissements d’ici 2035 sur ces 525 km, «régénération des chaussées, rénovation des ponts et ouvrages d’art, sécurisation des itinéraires, modernisation de la Rn4, de la Rn44 et de l’A31, amélioration des aires de repos et de la gestion du trafic. L’objectif de l’écocontribution est de transformer une facture, aujourd’hui subie par les entreprises et les usagers, en investissements utiles à tous».
Il précise encore que le coût pour les agriculteurs sera entièrement compensé. Pour lui, il n’y a pas de perte de compétitivité vis-à-vis des autres régions ou pays voisins pour les coopératives et les industriels, dans la mesure où le transport fait l’objet de redevance (autoroutes payantes…) hors du Grand Est.
«Effacement de l’impact à la ferme»
«Concernant spécifiquement l’agriculture, nous travaillons méthodiquement avec les professions à l’effacement, à la ferme, de l’impact du dispositif, en mobilisant les exonérations possibles et les régimes d’aides et d’accompagnement autorisés par le droit européen. L’objectif est très clair : ne pas fragiliser nos exploitations et nos filières agroalimentaires tout en faisant contribuer davantage les grands flux de transit au financement des infrastructures qu’ils utilisent», précise Franck Leroy. Et d’ajouter, «défendre la production locale, c’est aussi garantir aux agriculteurs, aux transformateurs et aux transporteurs des routes sûres, fluides et fiables. Le statu quo n’est pas gratuit : aujourd’hui déjà, ce sont nos entreprises et nos usagers qui en paient le prix». Il dit, enfin, assumer un principe d’équité, «le contribuable du Grand Est n’a pas vocation à financer seul des infrastructures massivement empruntées par des flux nationaux et européens. Parce que la contribution sera kilométrique, ceux qui traversent notre région sur plusieurs centaines de kilomètres contribueront davantage que les acteurs locaux effectuant des parcours limités».



