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«Rien à péter de leur rentabilité» : la réponse des agriculteurs à Sandrine Rousseau

Xavier Bailly (président Ja Grand Est) et Fabrice Couturier (président Frsea Grand Est) dénoncent une saillie qui ignore la réalité des métiers de l’agriculture et les motivations des professionnels qui y œuvrent au quotidien.  Photo DR
Xavier Bailly (président Ja Grand Est) et Fabrice Couturier (président Frsea Grand Est) dénoncent une saillie qui ignore la réalité des métiers de l’agriculture et les motivations des professionnels qui y œuvrent au quotidien. Photo DR

Sans surprise, les déclarations de la députée Sandrine Rousseau, à la suite de l’adoption de la loi Duplomb par l’Assemblée nationale, ont fait réagir la profession agricole.

L’enjeu de la rentabilité des métiers de l’agriculture ne semble pas émouvoir la députée Sandrine Rousseau. Questionnée par la presse sur le sujet à l’issue du vote des parlementaires sur la loi Duplomb, elle déclarait n’en avoir «rien à péter de leur rentabilité».

L’élue, dont on ne saura douter de la motivation en faveur de la transition écologique, adopte là une posture bien étrange. Faut-il comprendre que sa vision de l’agriculture de demain élude complétement la nécessité d’un revenu pour les femmes et les hommes qui porteront la mission de nourrir leur concitoyens. En tous les cas, la question mérite d’être posée.

Plus généralement, les acteurs du monde agricole y ont vu une énième fois s’exprimer le penchant de trop nombreux représentants de la nation à saisir la moindre opportunité de faire le buzz.

Mais cette fois, les propos ont fait réagir la profession agricole.

Indignation

Dans un communiqué de presse signé des présidents de la Frsea Grand Est et des Jeunes Agriculteurs du Grand Est, les deux responsables professionnels agricoles dénoncent une saillie qui ignore la réalité des métiers de l’agriculture et les motivations des professionnels qui y œuvrent au quotidien. «La méconnaissance de notre engagement total au service de notre souveraineté alimentaire et le mépris pour les femmes et les hommes qui assument cette noble fonction dans la société par leur travail quotidien, vous déshonore Madame Rousseau», condamne ce communiqué daté du 17 juillet.

«Le monde agricole mérite bien mieux que le sentiment amer laissé par vos propos méprisant», dénonce Fabrice Couturier, «Ce n’est pas en insultant ceux qui travaillent et participent à la vie et à la dynamique des emplois au cœur des territoires que vous encouragerez l’innovation et la transmission dont a besoin l’agriculture de demain».

L’indignation transpire dans les propos des deux syndicalistes, «Les agriculteurs sont fiers de leur métier et des valeurs qu’ils portent. Ils travaillent au quotidien, depuis des générations, à satisfaire aux besoins d’une alimentation saine et suffisante pour chacun. Leurs métiers, qu’ils soient éleveurs, céréaliers, producteurs de fruits et légumes ou viticulteurs, par l’engagement qu’il implique, méritent respect et solidarité».

C’est le président des Jeunes Agriculteurs qui conclut le communiqué de presse, «quoiqu’en dise Sandrine Rousseau, le revenu et la rentabilité sont des facteurs clefs pour une exploitation. En améliorant le revenu de nos fermes, nous pourrons rendre ces dernières plus attractives et cela favorisera le renouvellement des générations en agriculture».