Patrick Weiten et Stéphane Ermann ont porté les deuxièmes Assises de l’Agriculture mosellanes sur les fonts baptismaux. Les travaux débuteront par une phase de diagnostic dont la livraison est programmée dès la fin 2025.
Après l’annonce du lancement des deuxièmes Assises de l’Eau en Moselle, tout début juillet, Patrick Weiten a donné le coup d’envoi des Assises de l’Agriculture départementale.
Le 4 juillet, le président du Département, aux côtés de celui de la Chambre d’agriculture, Stéphane Ermann, a lancé les Assises de l’Agriculture mosellane.
L’exercice se trouve donc renouvelé après une première édition en 2008 qui avait permis de «structurer des choses», selon Stéphane Ermann. Mais «le monde a changé» déclarait Patrick Weiten avant d’évoquer des difficultés qui jalonnent le terrain, «un environnement réglementaire et politique» mouvant, «des sécheresses répétées», l’évolution «des attentes des concitoyens et de la consommation», «le renouvellement générationnel et les tensions foncières».
Pour accompagner un secteur que le patron du Département qualifie de «première activité économique du rural et pilier économique du département», Patrick Weiten appelle de ses vœux «une démarche collective pour aller au-delà de la reproduction» des schémas du passé.
Deux phases
Pour «construire une vision prospective partagée de l’agriculture départementale à l’horizon 2035», le Département et la Chambre d’agriculture proposent une démarche en deux phases.
La première consiste en un diagnostic qui sera rapproché de celui déjà réalisé en 2008 à l’occasion des premières Assises de l’Agriculture mosellane.
Les différentes filières seront analysées. Une typologie des exploitations sera établie. Ce diagnostic doit également détailler les flux de produits agricoles.
Viendra ensuite, sur la base du diagnostic dont les organisateurs souhaitent une restitution fin 2025, la mise en place de groupes de travail réunissant «experts et acteurs de chaque filière». Et dans le champ consulaire, Patrick Weiten entend associer à la réflexion la Chambre des métiers et la Chambre de Commerce.
Pour accompagner la démarche, on retrouve, comme en 2008 un partenariat avec l’Ensaia de Nancy. Il se trouve que le même enseignant chercheur sera à la manœuvre en la personne d’Yves Leroux. S’y ajoute l’université de Lorraine.
La synthèse des travaux est attendue fin 2026 avec une présentation programmée lors de la tenue officielle des secondes Assises départementales de l’Agriculture.
Perspectives
Pour l’heure, les deux partenaires portent déjà des ambitions. Du côté de la Chambre d’Agriculture, Stéphane Ermann évoque «la structuration des filières» au service de «l’autonomie alimentaire». Il souhaite «entendre les consommateurs sur leurs besoins» et «créer du lien avec la société civile», tout en rappelant que «notre agriculture est la plus sûre du monde». Le secteur industriel devrait également être approché concernant les marchés de crédits carbone. Quant à l’épineux sujet du renouvellement des générations, le président de la Chambre d’agriculture se donne l’objectif de «passer d’une installation pour trois départs à deux installations pour trois départs».
Patrick Weiten a, lui aussi, livré quelques chiffres.
Évoquant les repas servis dans les collèges, il constate «90 millions d’euros de chiffres d’affaires devant la porte et de l’autre côté, une agriculture qui souffre et qui peine à se renouveler».
Refusant de se cantonner «au constat de carence», il renouvelle son souhait de «Rungis mosellan», «comme interface entre producteurs et consommateurs des circuits courts et de proximité». Le patron du Département affirme «avoir un investisseur» disposé à accompagner ce projet.



