«La souveraineté alimentaire passe par de la production et de la rentabilité». La vision de l’économie agricole portée par le nouveau préfet de Moselle a de quoi satisfaire les attentes de la profession. La Fdsea attend beaucoup des nouvelles prérogatives que le premier ministre a promises aux préfets.
Il y avait eu un premier échange à l’occasion de la venue d’Annie Genevard, fin mai, en Moselle. Cette fois, la Fdsea a eu l’occasion d’une prise de contact plus approfondie avec le nouveau préfet.
«Nous avons sollicité cette audience pour aborder la façon dont nous allons avoir à échanger sur les questions agricoles», rapporte Fabrice Couturier. Le président de la Fdsea était accompagné, ce mercredi 16 juillet, de son secrétaire général, Florent Dory et de Christophe Niedercorn, secrétaire général adjoint de la Fdsea et administrateur à la Fédération Nationale Bovine (Fnb).
Pour cette première séquence de travail, un copieux dossier a été remis au représentant de l’État.
Sur les questions internationales, y étaient abordées, l’accord de libre-échange avec le Mercosur, les taxes américaines et la parité euro-dollar, qui pèsent sur la compétitivité de la ferme France.
Le contexte européen avait aussi bonne place avec le sujet d’actualité chaude, le nouveau cadre financier pluriannuel 2028-2034 et la place laissée à la Politique agricole commune (Pac). Autre sujet regardé à la loupe depuis Bruxelles, le statut des importations ukrainiennes, la profession déplorant l’absence de compensation des pertes consécutives aux importations subies depuis le début du conflit.
Les sujets nationaux visaient particulièrement l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi Duplomb-Menonville. Les questions de santé animale étaient focalisées sur la Fco et particulièrement sur l’avancement des paiements des indemnités du dispositif FranceAgriMer. La Fdsea rappelait également la nécessité d’un appui inconditionnel de l’État dans le cadre d’un programme Fmse 2025 pour le sérotype 3.
L’apparition de la Dermatose nodulaire contagieuse (Dnc) en Europe, et de plusieurs foyers en Savoie et Haute-Savoie a été évoquée. La profession demande un déploiement rapide de la vaccination en zone réglementée.
En Moselle
Les sujets locaux ont naturellement occupé la majeure partie de ce temps d’échange privilégié avec le préfet Bolot.
Au menu de ce focus mosellan, les contraintes liées à la directive nitrate, la cartographie des zones humides, l’avenir du drainage, l’entretien des cours d’eau et la gestion des populations de nuisibles.
Fabrice Couturier a précisé la logique de la Fdsea dans l’approche de tous les dossiers techniques, «le moins possible de pertes de production et des compensations les plus pérennes possibles lorsque de nouvelles contraintes sont imposées».
Un message bien compris par le représentant de l’État. Pour Pascal Bolot, «la souveraineté alimentaire passe par de la production et de la rentabilité». Un postulat qui convient parfaitement aux représentants de la Fdsea, rassurés par la volonté du nouveau préfet d’utiliser pleinement les futures prérogatives qui leur seront confiées, en termes d’adaptation locale d’un cadre administratif, que tous s’accordent à dire qu’il s’avère beaucoup trop contraignant.



