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Prévention : Et si vous preniez le temps ?

Souvent la tentation est grande d’intervenir rapidement derrière une tempête sans prendre suffisamment de recul. Mais un chantier bien préparé réduira toujours le risque d’accident. Photo CCE
Souvent la tentation est grande d’intervenir rapidement derrière une tempête sans prendre suffisamment de recul. Mais un chantier bien préparé réduira toujours le risque d’accident. Photo CCE

La prévention des chutes de hauteur sur toiture nécessite de bien réfléchir avant d’agir et d’utiliser des équipements de protection adaptés. La Caisse d’assurance-accidents agricole met à disposition des sécuriplacs.

Les chutes de hauteur restent toujours parmi les accidents du travail les plus graves en agriculture. Elles sont à l’origine de blessures sévères, d’incapacité permanente et, dans les cas les plus dramatiques, de décès. Le département de la Moselle a été directement concerné ces dernières années.

Les interventions sur les bâtiments agricoles sont particulièrement à risque. Remplacement d’une plaque de toiture, nettoyage de gouttières, pose de panneaux photovoltaïques, entretien d’un lanterneau, réparation d’une fuite ou simple inspection : ces opérations, souvent considérées comme courantes, peuvent rapidement tourner au drame lorsqu’elles sont réalisées sur une toiture fragile.

Les toitures en fibrociment : un danger invisible

Grâce au développement des panneaux photovoltaïques, de nombreuses toitures de bâtiments agricoles ont fait l’objet de travaux de rénovation ces dernières années. Toutefois, il reste de nombreux bâtiments agricoles encore couverts de plaques en fibrociment ou d’autres matériaux vieillissants. Avec le temps, ces toitures continuent de perdre leur résistance mécanique sous l’effet des intempéries, des variations de température et du vieillissement naturel.

Le danger est simple et connu : une toiture peut paraître solide alors qu’elle ne supporte plus le poids d’une personne. Il suffit parfois d’un seul pas pour que la plaque se rompe brutalement, entraînant une chute de plusieurs mètres.

Les plaques translucides (polycarbonate, polyester, Pvc...) et certaines plaques de couverture présentent le même risque. Même lorsqu’elles semblent en bon état, elles ne sont pas conçues pour supporter le poids d’un intervenant.

Le caractère ponctuel et la durée prévisible de ces interventions conduisent souvent à négliger les mesures de prévention.

Les idées reçues qui favorisent les accidents

Certaines habitudes augmentent encore fortement le risque :

• «Je monte seulement cinq minutes».

• «Je marche où sont présents les éléments de charpente, je ne risque rien».

• «Je fais attention où je mets les pieds».

• «Une planche suffit».

Malheureusement, lorsqu’une plaque cède, il n’y a généralement aucun signe précurseur et aucune possibilité de se rattraper.

L’urgence est-elle réelle ou ressentie ?

Face à une fuite de toiture, une plaque déplacée par le vent ou un équipement à réparer, le premier réflexe est souvent de vouloir intervenir immédiatement. En agriculture, cette réaction est compréhensible : protéger les récoltes, préserver le matériel ou assurer le bon fonctionnement de l’exploitation fait partie des priorités quotidiennes.

Pourtant, il est important de distinguer l’urgence réelle de l’urgence ressentie.

La plupart des travaux sur les toitures peuvent être différés de quelques heures ou de quelques jours, le temps d’organiser l’intervention dans de bonnes conditions de sécurité. Même sur un stockage de céréales, il est possible de couvrir ou mettre un bac pour collecter l’eau le cas échéant.

À l’inverse, vouloir intervenir immédiatement conduit souvent à des décisions prises dans la précipitation : monter avec une simple échelle, utiliser un matériel inadapté, travailler seul ou sans protection contre les chutes. C’est précisément dans ces situations que surviennent les accidents les plus graves.

Avant toute intervention, il est essentiel de prendre le temps de se poser les bonnes questions :

• L’intervention est-elle réellement urgente ?

• Peut-elle être reportée afin d’être réalisée dans de meilleures conditions ?

• Quels équipements dois-je prévoir pour travailler en sécurité (nacelle, échafaudage, protections collectives, équipements individuels antichute...) ?

Quelques heures consacrées à préparer le chantier peuvent éviter des conséquences irréversibles. En matière de travail en hauteur, l’urgence ne doit jamais prendre le pas sur la sécurité. Une toiture pourra toujours être réparée ; les conséquences d’une chute, elles, peuvent être définitives.

La mise à disposition des sécuriplacs par la Caisse d’assurance-accidents agricole (Caaa) : un outil pour prendre le temps des échanges nécessaires à l’organisation de son chantier.

Lorsque l’accès en toiture est indispensable, plusieurs règles doivent être respectées :

• Identifier les zones fragiles avant toute intervention ;

• Interdire tout déplacement directement sur les plaques fragiles ;

• Utiliser des moyens d’accès sécurisés (échelle en bon état, nacelle, échafaudage...) lorsque cela est possible ;

• Installer des dispositifs de répartition des charges (sécuriplacs) si une circulation sur la toiture est prévue ;

• Mettre en place une protection collective contre les chutes (garde-corps, filets de sécurité...) chaque fois que cela est techniquement possible ;

• Utiliser un système individuel d’arrêt des chutes (harnais, longe avec absorbeur d’énergie, point d’ancrage adapté) lorsque les protections collectives ne peuvent être mises en œuvre ;

• Ne jamais intervenir seul afin de pouvoir donner rapidement l’alerte en cas d’accident.

Des kits à disposition

Concernant les sécuriplacs, la Caaa de Moselle a mis en place 10 kits sécuriplacs qui sont répartis sur l’ensemble du territoire mosellan. Ces kits sont à la disposition de tous les affiliés de Moselle sur simple demande. Mais outre la mise à disposition du kit, le plus important est de bénéficier de l’expertise des conseillers en prévention de la Caaa pour préparer les conditions d’exécution de son chantier. L’échange permet de repenser son organisation pour parfois ne plus monter sur le toit ; «certains exploitants ont demandé des sécuriplacs car ils envisageaient de monter sur leur toit. Après échange avec le conseiller en prévention sur le mode opératoire, les sécuriplacs n’ont finalement pas été utilisés car nous n’avons pas eu besoin de monter sur la toiture. Nous avons organisé différemment notre chantier».

L’échange et la visite du conseiller permettent de compléter souvent l’organisation initiale envisagée et de pouvoir bénéficier de matériels complémentaires pour se donner toutes les garanties de sécurité.

 

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