Face aux conséquences des canicules à répétition et considérant que leurs effets ont engendré une «situation d’une gravité inédite», la Fnsea et son réseau demandent un «véritable plan de soutien exceptionnel pour l’agriculture française».
Pour Fabrice Couturier, la «crise est d’une telle ampleur» que «les réponses ordinaires ne suffisent pas». Le président de la Fdsea de la Moselle et son secrétaire général, Christophe Niedercorn, ont rencontré le préfet de Moselle pour introduire plusieurs demandes d’urgence.
Au-delà des ces mesures, de nature à soulager les exploitations les plus touchées, la Fnsea sollicite, par ailleurs, «une enveloppe de crise dans le projet de loi de finances pour 2027». Le président de la Fnsea, Arnaud Rousseau, demande d’autre part «un plan d’investissement massif pour l’ensemble du monde agricole».
En Moselle, «partout les récoltes de fourrages et de cultures de vente ont été amputées, parfois largement, et les ruptures de pâturage sont déjà chose commune dans bien des zones», souligne Fabrice Couturier. «L’inquiétude des éleveurs est déjà forte quant à leur capacité à nourrir les animaux, déjà cet été mais d’autant plus pour l’hiver qui va suivre au regard de l’état des cultures de maïs», prévient Christophe Niedercorn.
En Moselle
«Pour ce qui concerne les sujets départementaux, nous demandons à réunir le Comité Départemental d’Expertise». Fabrice Couturier a sollicité auprès du préfet Bolot «un travail nécessaire pour diligenter les missions d’expertise qui s’imposent». Ce travail de terrain en proximité s’avère d’autant plus utile qu’aucune information n’est encore disponible concernant l’évolution de l’Indice satellitaire de pousse des prairies (Ipp) utilisé pour l’estimation des pertes dans le dispositif national et dont les failles sont malheureusement courantes.
De même, l’Observatoire National de la Pousse de l’Herbe, dont les fermes sont réparties partout en France, n’est pas valorisé. Les résultats ne sont pas communiqués.
Le travail du Comité Départemental d’Expertise devra rapidement déboucher sur l’activation de plusieurs leviers de nature à accompagner les difficultés rencontrées sur l’ensemble du département.
Le président de la Fdsea a réclamé «une mesure généralisée de dégrèvement de la Tfnb pour les différentes natures de classement fiscal». Il a également réitéré une demande de dérogation à l’implantation des Cipan.
Christophe Niedercorn a insisté sur la nécessité de «tout mettre en œuvre pour faciliter la mobilisation du dispositif national d’indemnisation des risques climatiques et particulièrement l’instrument de solidarité nationale».
Quant à la demande d’aide au transport engagée par la Fnsea, Fabrice Couturier a alerté le préfet sur l’intérêt de «l’appui des services de l’État dans notre démarche de sollicitation des collectivités pour une aide au transport de fourrages».
Dans cette année où l’approvisionnement extérieur en fourrage s’impose et compte tenu d’une situation de pénurie généralisée, «les éleveurs en agriculture biologique demandent à déroger à la règle afin de leur permettre de reconstituer les stocks nécessaires auprès des leurs collègues en agriculture conventionnelle».
Année blanche
La situation économique des filières agricoles laisse apparaître de nombreux cas où les trésoreries sont exsangues.
Pour le président de la Fdsea, «Il devient primordial de réfléchir collectivement avec les organismes bancaires à la mise en œuvre d’une année blanche». Le préfet Bolot a été sollicité pour «une prise en charge des intérêts du report d’annuités en fin de tableau».



