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L’agriculture mondiale reste sous tension

La production mondiale de céréales est prévue à 2.982 millions de tonnes, soit une baisse de 2,0 %. Photo Actuagri
La production mondiale de céréales est prévue à 2.982 millions de tonnes, soit une baisse de 2,0 %. Photo Actuagri

Malgré une production céréalière proche des records, le rapport de la Fao pointe une fragilité croissante. Entre tensions géopolitiques au Proche-Orient, retour d’El Niño et volatilité des intrants, les agriculteurs naviguent en zone d’incertitude. Tour d’horizon des marchés mondiaux.

Les perspectives des marchés mondiaux de produits alimentaires restent relativement favorables, mais l’incertitude économique s’intensifie. Si la production de céréales devrait légèrement fléchir par rapport aux records de 2025, elle se maintient à des niveaux historiquement élevés.

Toutefois, la stabilité des échanges est menacée par des vents contraires macroéconomiques et des tensions géopolitiques croissantes, notamment au Proche-Orient.

Céréales : un léger repli après les records

Pour la campagne 2026-2027, la production mondiale de céréales est prévue à 2.982 millions de tonnes, soit une baisse de 2,0 %. Le blé est le plus touché avec une chute attendue de 3,8 % pour atteindre 810,9 millions de tonnes. Ce recul est principalement dû à des récoltes moindres chez les grands exportateurs comme l’Union européenne (-5,6 %) et les États-Unis (-21,3 %), pénalisés par des marges faibles et des conditions météorologiques défavorables.

En revanche, l’Inde se dirige vers une récolte record de 120,2 millions de tonnes. Les autres céréales (principalement riz et maïs) affichent une plus grande résilience. Bien que la production mondiale doive reculer de 1,2 %, elle restera la deuxième plus élevée jamais enregistrée. Le commerce mondial du maïs devrait même atteindre un record de 204,6 millions de tonnes, soutenu par une forte demande pour l’alimentation animale et l’éthanol.

Le riz, de son côté, voit sa production menacée par le phénomène El Niño, avec une baisse mondiale prévue de 1,6 %.

L’ombre des intrants

La rentabilité des exploitations reste suspendue à la volatilité des coûts de production. Après une accalmie en 2025, les marchés des engrais ont subi un choc majeur début 2026 avec le déclenchement du conflit entre les états-Unis et l’Iran, et le blocage du détroit d’Ormuz.

En mai 2026, le panier moyen des prix des engrais a atteint 595 dollars américains ($) par tonne, soit une hausse de 120 $ par rapport à février. Le corridor d’Ormuz s’est révélé crucial : il concentre 34 % du commerce mondial d’urée et 23 % de celui d’ammoniac. Ces tensions énergétiques impactent directement d’autres secteurs. Le marché du sucre, bien qu’en surplus de production en 2025-2026 (+3,5 %), reste très sensible aux prix du pétrole.

Au Brésil, la hausse des prix de l’énergie incite les usines à détourner davantage de canne vers la production d’éthanol au détriment du sucre, ce qui soutient les cours mondiaux.

Protéines : des dynamiques divergentes

Dans le secteur de l’élevage, la production de viande devrait croître modérément de 1 % en 2026. La volaille reste le moteur de cette croissance grâce à sa compétitivité-prix, tandis que la production de viande bovine recule en raison de la reconstitution des troupeaux aux États-Unis et au Brésil. Les prix internationaux de la viande ont augmenté de 4,5 % entre janvier et mai 2026. Le secteur laitier connaît une expansion plus lente (+1 %), freinée par des réglementations environnementales plus strictes et des coûts d’alimentation élevés.

Fait notable, l’indice Fao des prix des produits laitiers a chuté de 19,4 % sur un an, reflétant des stocks confortables chez les exportateurs, bien que la poudre de lait écrémé montre des signes de raffermissement. Enfin, les oléagineux affichent une production record pour 2025-2026, mais le marché des huiles végétales reste tendu en raison de la demande robuste du secteur des biocarburants.