Les actions syndicales et le dossier sanitaire mobilisent les adhérents de la Fdsea de la Moselle en ce début d’année 2026. Les agriculteurs confortent leurs élus dans leur volonté de se mobiliser sur ces différents sujets.
Le canton de Phalsbourg démarre l’année syndicale avec la première assemblée cantonnale de 2026. Laurent Pierre, président du canton, a réuni ses adhérents, le mardi 6 janvier, afin d’échanger avec eux sur les actualités locales et nationales. Fabrice Couturier et Dominique Bouché étaient également présents pour répondre à leurs questions et faire descendre les informations reçues par les instances.
Appel à la mobilisation
La mobilisation du 12 janvier a bien sûr été évoquée dans les cantons de Lorquin et Phalsbourg, un moment fort pour le syndicat. À cette occasion, Fabrice Couturier est revenu sur l’importance de cette manifestation, soulignant la nécessité de faire entendre la voix des agriculteurs dans un contexte de plus en plus contraignant. Au cœur des échanges, deux sujets ont cristallisé les tensions : l’accord du Mercosur et la Macf (Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières). Pour de nombreux adhérents présents dans la salle, ces dispositifs sont perçus comme de véritables aberrations, risquant de fragiliser encore davantage les exploitations agricoles françaises. Si rien n’est entrepris rapidement, certains redoutent que ces mesures finissent par être validées, au détriment de la production locale. Les inquiétudes sont profondes et largement partagées. «C’est dur de voir l’avenir avec toutes les normes que l’État et l’Europe veulent nous imposer. Comment pourrons-nous produire ?», s’interroge un adhérent du canton de Phalsbourg.
Entre normes environnementales, concurrence internationale et incertitudes économiques, le monde agricole exprime un besoin urgent de reconnaissance et de soutien, afin de pouvoir envisager l’avenir avec davantage de sérénité. La réforme de la Pac fait également partie des préoccupations pour lesquels les agriculteurs vont se déplacer à Metz. Ce nouveau plan vise à réduire drastiquement les primes pour la campagne 2027. La limite de l’Europe se fait ressentir. En effet, Fabrice Couturier déplore «nous n’avons pas les mêmes réglementations agricoles au sien de l’Europe. Le problème est déjà là. Cette nouvelle réforme va encore une fois se traduire pour nous par une perte de compétitivité».
Sanitaire
Des éleveurs ovins présents à l’assemblée du canton de Lorquin abordent le sujet de la Fièvre catarrhale ovine (Fco). Pour eux, la maladie reste d’actualité par ses conséquences : «on a une prolificité des brebis qui diminue. La Fco n’est pas finie». Le président de la Fdsea regrette que l’exemple de la Belgique n’ait pas été assez pris en compte quand la maladie s’est développée sur leur territoire. Les adhérents expriment leur satisfaction face aux différentes aides financières qui ont été obtenues. Un agriculteur demande que l’aide à la vaccination soit reconduite.
La Dermatose nodulaire contagieuse des bovins (Dnc) inquiète les agriculteurs. Fabrice Couturier rappelle que face à une épizootie comme la Dnc, la réglementation avec éradication obligatoire est une règle européenne qui s’impose aux états membres. L’élu de la Fdsea regrette que le discours démagogue porté par certains, et relayé dans les médias trouble des agriculteurs. La maladie est connue et les moyens pour la maîtriser aussi : abattage obligatoire des unités épidémiologiques, mise en place de zones de surveillance (50 km autour des foyers), limitation des mouvements d’animaux et vaccination obligatoire. Pour lui, «c’est une course contre la montre qui est enclenchée avant la sortie des animaux» sans quoi la maladie va continuer à se propager au printemps.
L’administratif, un poste à ne pas négliger
La gestion administrative et le suivi des démarches restent des éléments essentiels au bon fonctionnement des exploitations agricoles modernes, bien qu’ils soient encore trop souvent négligés. Contrairement à d’autres secteurs d’activité, où du personnel administratif dédié est systématiquement présent, les agriculteurs doivent généralement assumer seuls ces tâches chronophages. Une meilleure rémunération du travail agricole permettrait non seulement d’améliorer la reconnaissance du métier, mais aussi de renforcer la main-d’œuvre disponible, favorisant ainsi une gestion plus efficace et durable des exploitations. Fabrice Couturier souligne « je sais que ce n’est pas facile de déléguer mais cela devient de plus en plus compliqué de tout gérer sans être dépassé».
Nuisibles
À Fraquelfing, les adhérents présents font part de dégâts importants de la part de nombreuses espèces nuisibles : renards, martres, pigeons... Fabrice Couturier rappelle l’importance de remonter ces dégâts au travers de l’enquête remise en séance pour permettre le maintien de ces espèces avec le statut “Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts” (Esod).



