Le secteur céréalier laisse apparaître pour la troisième année consécutive, un revenu moyen négatif. Pour accompagner cette crise, le ministère de l’Agriculture a mobilisé deux enveloppes de prise en charge des cotisations sociales (Pec). La Msa de Lorraine travaille à leur mise en œuvre.
La filière céréalière française fait face à une succession de campagnes des plus difficiles. Dès 2023, la hausse des coûts de production a conduit à un niveau des charges trop élevé au regard des prix de vente des céréales. Puis la baisse de la récolte céréalière en 2024 a accentué la dégradation de la situation économique des exploitations. La situation de marché de 2025 s’est avérée tout aussi défavorable au niveau mondial avec des coûts de production à un niveau très élevé alors que les prix de vente étaient orientés à la baisse. On connaît les conséquences de cet effet ciseaux sur le revenu.
Ainsi, le secteur céréalier laisse apparaître pour la troisième année consécutive, un revenu moyen négatif qui révèle une crise structurelle sévère.
La dégradation de la situation actuelle a amené la profession à solliciter des mesures immédiates.
Dans ce registre, le ministère de l’Agriculture a mobilisé un soutien exceptionnel de 40 millions. Cette enveloppe se décomposant en 35 millions de fonds d’urgence mis en œuvre ces dernières semaines et 5 millions d’euros en 2026 de prise en charge de cotisations Msa, est dédiée à la filière grande cultures.
En Lorraine
Ces 5 millions d’euros, qui contribuent à une enveloppe globale de 25 millions d’euros destinés au financement du Pec, ont fait l’objet d’un arbitrage national pour la répartition dans les Caisses régionales de Msa. Pour les trois départements de la Caisse de Lorraine, son président annonce les montants de l’arrêté ministériel daté du 14 avril : «80.000 euros pour la Meurthe-et-Moselle, 82.000 euros pour la Moselle et 62.000 euros pour les Vosges».
Quelques jours plus tôt, Annie Genevard avait communiqué sur un dispositif complémentaire de prise en charge de cotisations sociales.
Dominique Sautré précise que ce nouveau train de mesures «cible les mêmes exploitations encore plus fragilisées par les conséquences de la crise du Moyen-Orient déclenchée fin février». Le président de la Msa de Lorraine explique, «nos exploitations de polyculture sont très exposées à la hausse des coûts de productions, particulièrement de l’énergie et des engrais».
L’enveloppe nationale dédiée à ce second volet se monte à 20 millions d’euros.
«Dans notre région, ce sont les mêmes exploitations qui ont vocation à être accompagnées au travers des deux enveloppes», constate Dominique Sautré qui souhaite, dans un souci d’efficacité, globaliser les dotations financières de la Caisse de Lorraine.
Comme pour la première enveloppe, ces 20 millions sont à répartir dans chacune des trente-cinq caisses régionales. Dans les premiers jours de mai, l’administration centrale va notifier la répartition des crédits.
La ministre de l’Agriculture souhaite «que les préfets chargent les Ddt de travailler sur les critères de sélection des bénéficiaires en associant les Caisses locales de Msa», souligne Doninique Sautré.
Dès que le dispositif, cumulant les deux enveloppes, sera défini, les demandes de prise en charge des cotisations devront être transmises par les agriculteurs à leur Caisse locale de Msa qui vérifiera la complétude et l’éligibilité des dossiers.



