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AGC FDSEA : Dermatose nodulaire : éradiquerla maladie, et préserver les marchés

Le droit de destruction a été présenté aux adhérents désireux de mieux protéger leurs récoltes,         là où les titulaires de droit de chasse s’avèrent défaillants. Photo Pierre Divoux
Le droit de destruction a été présenté aux adhérents désireux de mieux protéger leurs récoltes, là où les titulaires de droit de chasse s’avèrent défaillants. Photo Pierre Divoux

Économie des filières, dermatose nodulaire, fiscalité agricole et contrôle des engins de levage, les adhérents de Sarralbe et Albestroff ont pris le temps d’un large tour des sujets d’actualité, lors des travaux d’assemblée générale.

Un peu plus de trente personnes dans la salle, qui accueillait les adhérents des cantons de Sarralbe et Albestroff, le 22 décembre à Léning. Les travaux d’assemblée générale ont débuté par la partie statutaire, et plus particulièrement par le renouvellement de la gouvernance pour le canton de Sarralbe. Le doyen de séance, Hubert Karst, à présidé le bureau de vote. Christophe Thill s’est vu renouvelé à la présidence pour un mandat de trois années. Isabelle Karst de Rémering-lès- Puttelange l’épaulera en qualité de vice-présidente.

L’ordre du jour s’est poursuivi au fil des sujets abordés par les adhérents. L’occasion a été donnée d’un tour d’horizon des filières, et de l’évolution des marchés. Fabrice Coutrier était à la manœuvre avec l’apport de son regard d’administrateur national à la Fnsea. Et si les échanges avec la salle privilégiaient les filières lait, viande bovine et grandes cultures, un focus a été fait sur la région Occitanie. Ses difficultés météorologiques et économiques récurrentes permettant d’expliquer un contexte agricole singulièrement explosif.

Dermatose nodulaire

C’est encore avec un regard particulier vers le quart sud-ouest de la France que le gros dossier de la dermatose nodulaire contagieuse (Dnc) s’est invité dans le débat.

L’inquiétude des adhérents, pour la quasi-totalité des éleveurs, suscite de nombreuses questions. Certaines très basiques et d’autres beaucoup plus pointues. «Nous ne sommes pas des scientifiques», plaide le président de la Fdsea, «mais nous faisons confiance au travail des scientifiques, et en l’état des connaissances, nous nous attachons à la stricte application des protocoles mis en place».

Fabrice Couturier, et son secrétaire général adjoint, Christophe Niedercorn, ont rappelé «tout notre soutien aux éleveurs contraints au dépeuplement», affirmant «la nécessité absolue d’accompagner sur tous les plans les familles d’éleveurs, et compenser les pertes directes et indirectes».

Sur le sujet de la stratégie vaccinales contre la Dnc, les élus de la Fdsea ont collégialement argumenté dans le sens de la préservation des marchés. Un discours que les faits renforcent au fil des semaines puisque la vaccination s’avère, aujourd’hui, synonyme de contraintes supplémentaires pour l’export en vif.

Ainsi, l’Institut de l’Élevage (Idele), dans son bulletin Tendances publié le 18 décembre, constate que les animaux issus des zones indemnes sont «très demandés», «les broutards vaccinés sont peu demandés, surtout pour l’Italie», leur première destination. L’accord bilatéral avec l’Italie, en vigueur depuis le 8 décembre, prévoit des conditions strictes d’immunité collective dans un rayon de 50 km autour des élevages concernés. Selon l’Idele, «la demande en France semble, pour l’instant, suffisante pour absorber ces animaux vaccinés». Mais la vaccination élargie en cours dans le Sud-Ouest va «mathématiquement augmenter leur nombre».

En synthèse des discussions sur la Dnc, Fabrice Couturier prévient, «il nous reste deux mois pour éradiquer la maladie avant le retour des beaux jours et la prolifération des vecteurs». Tous les éleveurs présents ont été invités à la «plus grande prudence concernant l’introduction et les mouvements d’animaux» ainsi qu’à «l’application stricte des mesures de biosécurité».

Fiscalité

Rarement discuté en assemblées de cantons, le sujet de la fiscalité agricole est venu de la salle avec la dénonciation d’une «situation très compliquée à gérer pour les jeunes installés soumis aux plus-values». Fabrice Couturier a rapporté les contacts déjà pris sur le sujet avec le spécialiste du sujet, Jean-Louis Chandellier. Ont, aussi, été abordés les acquis syndicaux de la Fnsea en matière de fiscalité agricole, avec «leur traduction concrète en euros dans les cours de ferme».

Le chaud et le froid

Un temps de débat a concerné l’accompagnement du secteur agricole par la Région Grand Est. Indéniable partenaire sur de nombreux dossiers, la collectivité s’est vue montrée du doigt «les retards de traitement des dossiers de subventions, particulièrement dans le programme Ambition Éleveurs». Le président de la Fdsea s’est attardé sur les conséquences du projet de taxe à l’essieu, porté par la Région, «montrant les incohérences fortement impactantees pour l’économie agricole, et, plus généralement, l’économie locale» et dénonçant le paradoxe «d’une même taxation pour un camion de blé et un camion d’iPhones». «Les conséquences sur le prix du produit ne seront pas les mêmes».

Engins de levage

Présent à la tribune, Jean-    Baptiste Kaiser, secrétaire général adjoint de la Fdsea, a témoigné de la mise en place d’opérations de contrôle des engins de levages sur son canton. Il encourageait les adhérents d’Albestroff et Sarralbe à solliciter leur président cantonal pour proposer cette prestation. Organisée en local, elle apporte des avantages financiers significatifs.