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SECHERESSE : Un plan gouvernemental «pour la rentrée»

La sécheresse de 2026 aura un coût supérieur à celle de 2022. Photo H.Flamant
La sécheresse de 2026 aura un coût supérieur à celle de 2022. Photo H.Flamant

La ministre de l’Agriculture a annoncé qu’un plan de soutien des agriculteurs touchés par la sécheresse était en préparation «pour la rentrée». La préfecture de Bretagne demande déjà aux méthaniseurs de modérer leur consommation de fourrages.

«Nous élaborons un plan global en lien avec le ministère des Comptes publics pour la rentrée, dès qu’on aura les réponses sur l’étendue des pertes», a indiqué la ministre de l’Agriculture, dans un entretien accordé à Ouest France le 22 juillet. «Si la situation continuait de se dégrader, il faudra évidemment aller plus loin, comme on l’a fait avec des mesures dédiées à l’équarrissage et un plan pour des prêts garantis pour équiper les bâtiments d’élevage de brumisateurs et de ventilateurs», ajoute Annie Genevard. En attendant, la ministre indique avoir prévu de réunir les préfets de région le 27 juillet pour «disposer d’un état des lieux précis, territoire par territoire».

Elle a également demandé à la Commission européenne «que des dispositions en cas de circonstances exceptionnelles puissent être mobilisées». Les principaux syndicats agricoles ont chacun fait part de leur demande d’un plan de soutien d’urgence pour les agriculteurs les plus touchés. Des demandes sectorielles ont aussi émané des productions de maïs, de fruits et légumes, et des élevages de ruminants.

Méthaniseurs sollicités

Les conseils régionaux ont d’ores et déjà été consultés pour abonder le futur plan, dans un contexte de pression sur le budget du ministère de l’Agriculture (-100 M€ prévu par Bercy pour 2027). Toutefois, elles n’ont «ni les outils, ni les moyens de faire de l’aide d’urgence, sauf sur des cas très spécifiques et limités», indique-t-on à Régions de France. Plusieurs conseils régionaux réfléchissent à «bonifier les aides à l’investissement pour l’adaptation climatique», mais une action concertée à l’échelle nationale n’est pas à l’ordre du jour.

En Bretagne, l’administration déconcentrée s’inquiète des disponibilités en fourrage. Dans un communiqué du 23 juillet, la préfecture a appelé à «un usage raisonné des cultures agricoles pour la méthanisation afin de répondre prioritairement au besoin de fourrage de l’élevage breton». Quelques jours plus tôt, la Frsea et les Ja bretons, ainsi que la Chambre d’agriculture de Bretagne et l’association des agriculteurs méthaniseurs bretons avaient, eux aussi, appelé à éviter toute concurrence entre les débouchés énergétiques et fourragers.

Cette sécheresse «historique» en France se traduira par des coûts supérieurs aux 5,6 Md€ estimés pour celle de 2022 (comprenant l’agriculture), a déclaré la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, le
27 juillet. «Pour la sécheresse de 2022, ce coût avait été évalué à 5,6 Md€, dont 3,5 Md€ pour les seules fissures des maisons individuelles liées au retrait-gonflement d’argile, 1,1 Md€ de pertes de production agricole et une production hydroélectrique en recul de 20 %», a-t-elle rappelé. «Cette année, ces chiffres seront supérieurs», a-t-elle ajouté, en ouverture d’un Comité d’anticipation et de suivi hydrologique au ministère. Il faudra y ajouter les coûts liés aux feux de forêts en cours, et la nouvelle vague de chaleur «va encore accentuer cette sécheresse déjà historique». Alors que 62 départements sont au niveau «crise» concernant les restrictions d’usage de l’eau, la ministre a déclaré que «respecter les mesures de restriction n’est pas un choix, c’est un devoir. Si j’ai conscience des difficultés auxquels les agriculteurs font face, il n’est pas acceptable que les règles soient enfreintes».