Le rendez-vous statutaire des anciens exploitants a été l’occasion de faire un point sur tous les sujets d’actualité ainsi que sur la vie de la section.
Vendredi 7 novembre, 130 anciens exploitants se sont retrouvés à Vallerange pour l’assemblée générale de la section des anciens exploitants (Sdae) de la Fdsea de la Moselle sous la présidence de Claude Desalme.
Pour le président de la Sdae, l’année aura été marquée par les débats sur le dossier des retraites : « Les changements incessants au plus haut sommet de l’État ont bloqué ou ralenti de nombreux dossiers comme celui des retraites. La mise en place du nouveau dispositif se calculant sur les 25 meilleures années reste maintenue au 1er janvier 2026. Cette réforme, qui concerne les futurs retraités, répond à une revendication de notre réseau, c’est une victoire syndicale. Le régime agricole s’alignera à ce qui se pratique déjà ailleurs dans les autres régimes. Pour beaucoup d’agriculteurs cela évitera les débuts difficiles ou les périodes à faibles revenus auxquels beaucoup d’entre nous ont été confrontés dans leur carrière professionnelle. Maintenant, il nous faudra attendre la parution des décrets pour avoir le détail de la mise en œuvre de cette réforme ».
Fin de mandat
Claude Desalme informe l’assemblée de son choix de ne pas se représenter en début d’année prochaine au poste de président de la Sdae : « après deux mandats à la tête de la Sdae, j’ai fait le choix de passer le relais à une autre personne. En effet, je considère, comme je l’ai fait dans toutes mes fonctions, qu’il faut assurer la continuité de l’action et ne pas s’accrocher à un siège. Rassurez-vous, j’ai bien l’intention de continuer à m’investir dans la section des anciens mais à un niveau plus modeste en rapport avec le temps dont je disposerai. Pour moi, c’est essentiel de laisser la place aux jeunes. Le gros challenge de notre association est d’avoir une relève. Notre réussite collective est d’avoir réussi à mettre en place cette relève avec un bureau et un réseau d’adhérents dynamique avec l’appui de la Fdsea. La continuité est assurée. La richesse de notre section, c’est la convivialité qui fait que nous avons toujours plaisir à nous retrouver même si c’est pour travailler ».
Guy Pétain, vice-président de la Sdae 57, aborde le rapport syndical avec le projet de loi de finances de la Sécurité sociale : « En 2024, 87 % du territoire national a été classé en désert médical et 11 % des Français ont déclaré ne pas avoir de médecin traitant ». Face à cette situation difficile, le vice-président de la Sdae 57 exprime le souhait que les maisons médicales continuent de se développer en milieu rural avec l’accompagnement des collectivités. Le financement de la Msa fait face à des ressortissants et donc les cotisations diminuent régulièrement, aussi bien dans le régime de protection sociale des salariés que des non-salariés. En 2024, les cotisations et la Csg ne couvraient qu’un tiers des charges des régimes. En conséquence, l’équilibre financier de la Msa est assuré grâce à la solidarité nationale par des dispositifs variés, comme la perception d’impôts et de taxes affectés (4,7 Md€ en 2024), les transferts du régime général (7 Md€) et les autres transferts entre organismes de sécurité sociale (7,3 Md€ dont 5,4 Md€ de compensation démographique vieillesse).
Une section toujours dynamique
Jean-Marie Gallissot, membre du bureau Sdae, présente le rapport d’activité de la section des anciens exploitants. En 2025, la Sdae a continué de s’impliquer dans les instances agricoles départementales, régionales et nationales. En début d’année, trois réunions sur la réglementation routière avec la Caisse d’Assurance-Accidents Agricole de Moselle et Groupama Grand Est, ont permis de répondre à des attentes nouvelles exprimées par les “Jeunes anciens” qui continuent à s’intéresser à des questions d’agriculteurs en activité.
La relance syndicale se poursuit au niveau de la Sdae. Guy Pétain, indique que : « le réseau Fdsea sera mobilisé pour relancer la détection des jeunes retraités ou futurs jeunes retraités dans les cantons pour leur proposer de nous rejoindre et de profiter de tous les avantages et services que la Fdsea peut leur apporter ».
La Sdae a développé un partenariat avec l’Association santé éducation et prévention sur les territoires (Asept) Lorraine. Un point a été fait par Marie-Thérèse Wilhelm : « différents ateliers conviviaux sur la prévention santé ont été organisés durant l’année avec l’Asept dans l’objectif du bien vieillir ».
Un beau voyage
Les responsables du groupe voyages de la Sdae, André Sindt et Maryse Bauer, ont fait la promotion du futur voyage en bus 2026. Un autobus partira sillonner Paris et le Bassin parisien. Au programme de nombreux lieux exceptionnels : cathédrale Notre-Dame ; château de Vaux-le-Vicomte ; croisière en bateau mouche sur la Seine dans Paris avec arrêts photos ; coopérative la Chanvrière de l’Aube ; théâtre impérial de Fontainebleau ; cité médiéval de provins.
Le président de la section des propriétaires bailleurs de la Fdsea de la Moselle et secrétaire général de la section nationale de la Fnsea, Raymond Muller, fait un point d’actualité fiscale sur 2025 : « l’indice fermage progresse modestement de 0,42 %. C’est positif mais cette évolution reste inférieure à l’inflation et à la hausse de la taxe sur le foncier non bâti (Tfnb). Cela m’inquiète pour les années à venir avec la dégradation du revenu. Au niveau national, nous demandons la modification des règles de calcul de l’indice fermage qui aujourd’hui est calculé en fonction du revenu agricole et de l’inflation. Nous souhaitons que l’indice fermage évolue pour qu’il soit indexé sur l’inflation et qu’il ne puisse jamais varier à la baisse ».
En termes d’acquis de la section nationale des propriétaires bailleurs de la Fnsea, Raymond Muller indique que : « nous avons obtenu une hausse significative des seuils des droits de mutation à titre gratuit sur les donations et successions sur les baux à long terme. Dorénavant, le bénéficiaire dispose d’un abattement de 75 % plafonné à 600.000 euros s’il maintient le bien pendant 5 ans alors que nous étions avant à 300.000 euros (et 500.000 si engagement de 10 ans). Le deuxième acquis a été que l’exonération Chirac de 20 % Tfnb obtenu en 2006 soit portée à 30 % malgré un contexte budgétaire défavorable ».
Raymond Muller regrette qu’en Moselle : « le taux d’imposition du foncier non bâti reste surtaxé et soit le double de celui du foncier bâti. Rien ne justifie cette surimposition. Grâce au travail mené par la Fdsea auprès des maires et des présidents d’Epci les taux ont globalement peu augmenté ».
Le projet de loi de finances ne contient rien sur les bailleurs mais la section nationale des bailleurs continue son action pour que des amendements soient votés. Concernant les retraités, l’évolution du montant des retraites pourrant être gelée avec une désindexation sur l’inflation. Le financement du report de l’âge de la retraite avec l’augmentation de 2 % de la Csg et la suppression de l’abattement des 10 % sont aussi en débat.
Sur 2026, la section des propriétaires bailleurs de la Fdsea de la Moselle souhaite impliquer son réseau dans la révision des documents d’urbanisme et du protocole d’indemnisation des pylônes.
Au niveau de la Moselle, Raymond Muller précise que la Fdsea souhaite renforcer les liens entre la section des propriétaires bailleurs et la Sdae qui ont de multiples intérêts communs.
Le président de la Fdsea de la Moselle, Fabrice Couturier, remarque que : « les “jeunes anciens” qui rejoignent la section des anciens exploitants sont une opportunité qui peuvent encore apporter beaucoup de choses. De par l’expérience de votre métier et de votre vie, vous avez souvent davantage conscience des dossiers fiscaux et sociaux que les plus jeunes exploitants qui sont plus dans le technique et le réglementaire ».




