Plusieurs pays européens se sont retrouvés à l’occasion de la Foire Agricole d’Ettelbruk.
Pour la deuxième année consécutive, la Centrale Paysanne -homologue de la Fnsea au Luxembourg- avait invité les syndicats professionnels de la Grande Région sur la Foire d’Ettelbruck. Le 3 juillet dernier, se sont retrouvés Belges, Allemands, Français et Luxembourgeois pour un temps d’échange sur l’avancée des débats concernant la prochaine réforme de la Politique Agricole Commune.
Fabrice Couturier, président de la Fdsea 57 et de la Frsea Grand Est, y a retrouvé ses homologues, poursuivant ainsi des collaborations professionnelles initiées à la même occasion en 2025.
Résilience
Pour alimenter le débat, la Centrale Paysanne avait fait appel à Barthelemy Lanos, analyste économique à la direction générale de l’Agriculture et du développement rural à la Commission européenne. L’expert a structuré son propos sur les travaux de la Commission et plus particulièrement sur un document remis en février 2025 où elle avait présenté sa vision pour l’agriculture et l’alimentation. Le futur de l’Agriculture y était détaillé au travers du prisme de quatre axes.
Le premier traite de l’attractivité de l’Agriculture. Deux leviers y sont développés avec en premier lieu «la rémunération des agriculteurs au travers des prix de marché et des soutiens publics», et le «renouvellement des générations». On y trouve effectivement tout un chapitre sur «le financement de l’installation».
Le second axe est consacré à «la compétitivité du secteur agricole». Barthelemy Lanos a illustré ce point en développant les questions de «la simplification normative» et «la réduction de la charge administrative». Au menu également, «la réciprocité des normes aux frontières de l’Union». Un focus a été proposé sur le secteur de l’élevage à la veille de «la publication par la Commission d’un nouveau document dédié à la stratégie européenne sur l’élevage».
La résilience, encore, est le thème du troisième axe de la vision stratégique de la Commission pour l’Agriculture. On y trouve les orientations de la Commission relatives à la «durabilité environnementale», dans un contexte de «changement climatique». Le «plan d’action engrais» y est évoqué, tout comme le thème de «la gestion des risques».
Le dernier axe est consacré aux liens de l’agriculture avec la territorialité. La question épineuse de la réforme budgétaire et «de la synergie sur l’utilisation des fonds européens sur un même territoire» y est traitée. Les représentants syndicaux présents ont partagé leurs inquiétudes sur le fléchage budgétaire relatif aux projets de développement rural «souvent en concurrence avec le financement de la politique agricole commune». Cet axe évoque aussi l’adéquation de la commande publique avec les filières de productions agricoles.
Les débats ont été nourris, particulièrement sur la question sensible «des baisses du budget consacré à la Pac».
Pour ce qui est des interventions du président de la Fdsea, l’essentiel de son propos concernait «la compétitivité de l’agriculture européenne». Fabrice Couturier a ainsi questionné Barthelemy Lanos sur «les projets de la Commission dans le dossier du Macf et son impact sur le prix des engrais». De toute évidence, le combat devra se poursuivre pour obtenir une exemption agricole.



