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Les irrigants alsaciens en manifestation à l’Agence de l’eau Rhin-Meuse

L’équipe de Vincent Boniface, président cantonal d’Ars, était venue prêter main-forte aux irrigants alsaciens. Photo Pierre Divoux
L’équipe de Vincent Boniface, président cantonal d’Ars, était venue prêter main-forte aux irrigants alsaciens. Photo Pierre Divoux

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Déjà passée de 4,33 € à 10 €/1.000 m3, le Comité de bassin vient de programmer une hausse à 14 €/1.000 m3 pour la redevance irrigation. Une charge insupportable pour les irrigants alsaciens.

Ils étaient près de 200 irrigants alsaciens devant l’agence de l’eau Rhin-Meuse le vendredi 5 décembre. Mais, dans les troupes de manifestants, on pouvait compter quatre Mosellans de la Fdsea venus soutenir l’action de leurs collègues. Eux ne sont pas irrigants, «nos voisins nous ont sollicités pour gérer la logistique de leur manifestation», explique Vincent Boniface, président cantonal d’Ars.

Les tracteurs disposés pour protéger le groupe de manifestants de la circulation automobile et le plateau qui servira de tribune aux responsables syndicaux ont donc rejoint les trois bus arrivés le matin même à Rozérieulles.

Redevance en hausse

La grogne des 200 agriculteurs alsaciens trouve son explication dans «le triplement de la redevance irrigation par l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse», dénonce Gérard Lorber, président de la Fdsea du Bas-Rhin. «Une ponction totalement insoutenable pour les exploitations céréalières alsaciennes», explique-t-il.

Une petite délégation a été entendue par les membres du Comité de bassin réunis ce matin-là dans les locaux de l’Agence de l’eau. L’occasion pour les irrigants qui estiment «ne pas être représentés dans cette assemblée», de faire valoir leurs arguments au travers de la lecture d’une motion.

Dans un second temps, c’est la présidente du Comité de bassin Rhin-Meuse, Audrey Bardot, et Xavier Morvan, le directeur général de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, qui accueillaient une douzaine d’élus agricoles alsaciens. Un temps d’échange dévolu à la recherche d’explications sur la décision du triplement de la redevance irrigation, mais surtout une tentative de négociation visant un plafonnement de la redevance à 10 €/1.000 m3.

Il a aussi été question du récent classement de la nappe phréatique d’Alsace «à risque». La fine connaissance du territoire dont témoignent plusieurs membres de la délégation a donné lieu à un échange où «la ressource ne serait en aucun cas mise en danger par les prélèvements dédiés à l’irrigation des cultures».

Et concernant le montant de la redevance, les irrigants ont joué l’ouverture en proposant à la présidente du Comité de bassin de «lier son évolution à un index construit ensemble sur la base des prix des denrées agricoles».

Pour l’heure, pas d’ouverture du côté de l’Agence de l’eau. Garante des équilibres financiers de l’institution et constatant l’absence d’une ligne budgétaire liée à l’augmentation de la Redevance pour pollution diffuse (Rpd), l’Agence de l’Eau a renvoyé les pétitionnaires à de futures négociations à l’horizon d’octobre 2026, «mais sans garantie de voir abandonné l’objectif final d’une redevance à 14 €/1.000 m3 en 2030».