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Les dépenses alimentaires sont restées contraintes en 2025

L’année dernière, les dépenses alimentaires à domicile des Français ont progressé de 2,4 %, bien loin de l’inflation des années Covid et post-Covid. Photo DR
L’année dernière, les dépenses alimentaires à domicile des Français ont progressé de 2,4 %, bien loin de l’inflation des années Covid et post-Covid. Photo DR

Si la hausse des prix alimentaires a connu un répit en 2025, les consommateurs français restent très prudents et arbitrent en faveur des produits les plus accessibles.

Malgré une inflation beaucoup plus modérée des prix alimentaires, les Français ont continué d’adopter des comportements «anti-crise» en 2025, montre une étude de FranceAgriMer présentée au salon international de l’Agriculture, à l’occasion des entretiens de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (Ofpm). L’année dernière, les dépenses alimentaires à domicile des Français ont progressé de 2,4 %, bien loin de l’inflation des années Covid et post-Covid, marquées par une envolée de 22 % des prix alimentaires entre 2019 et aujourd’hui. Les Français ont même profité de ce répit pour augmenter, l’année dernière, leurs achats alimentaires en volume (+1,2 % pour les produits frais, +2,4 % pour les produits de grande consommation) et ce pour la première fois depuis 2020. Ils ont également moins acheté en 2025 les premiers prix et autres Mdd, et même consommé plus de bio (+0,7 % en volume et +1 % en valeur).

Pour autant, les consommateurs français montrent toujours une très grande sensibilité aux prix. «La moitié des trente-deux produits suivis dans notre panel combinent une hausse des volumes avec une déflation des prix», note Julia Gassie, de la direction Marchés, études et prospective qui a réalisé l’étude. Certains produits subissent manifestement un arbitrage économique défavorable à cause de leur inflation persistante. «Des produits comme les nuggets (dont les prix ont grimpé l’année dernière de 1,5 %), du beurre (de +3 %) ou encore de la viande hachée fraiche (de +7 %) ont vu leur consommation baisser en 2025», a-t-elle indiqué.

Dans cette période encore incertaine, les acheteurs ont plébiscité les produits dits «essentiels» dans leur panier. «Les ventes d’œufs (+10 %), de filets de volaille (+6 %) encore de viandes surgelées (+7 %) ont continué de progresser, malgré des prix en hausse de plus de 3 % sur l’année», observe sa collègue Anissa Benallal. Le fléchissement des prix d’autres produits de base a dans le même temps entrainé une flambée des ventes de l’huile d’olive (+7 %), de l’huile de tournesol (+11 %) ou encore des légumes surgelés (+8 %).

Retour à la normale ?

Les résultats intermédiaires de l’Ofpm, portant sur le premier semestre 2025 et sur les marges brutes des différents maillons de la filière alimentaire, confirment le retour à la normale des prix des intrants et des prix agricoles. «Après deux années marquées par une forte inflation, on observe une décrue modérée du prix d’achat des moyens de production agricole (indice Ipampa, qui mesure les variations des prix d’achat supportés par les exploitations agricoles pour leurs intrants de production et leurs dépenses d’investissement, Ndlr) ainsi qu’une légère reprise des prix agricoles (indice Ippap) depuis le premier semestre 2024», observe Malo Corbin de l’Ofpm. Au premier semestre, les prix de quinze des dix-neuf produits étudiés par cet organisme créé en 2010 augmentent de moins de 5 % ou baissent (8 sur 19), pour une hausse moyenne de 0,57 % des prix du panier.

En l’absence de données consolidées sur la marge nette réalisée par la production agricole, la transformation et la distribution, il est difficile de déterminer quel maillon a tiré ses marrons du feu en 2025. L’observatoire relève cependant qu’après une chute généralisée des prix des matières premières agricoles (Mpa) au premier semestre 2024, celle-ci a à nouveau augmenté au premier semestre 2025 pour certains produits comme la viande bovine ou le beurre. L’évolution de la matière première agricole aurait contribué globalement au premier semestre 2025 à une baisse du prix du panier de référence, en moyenne, de 0,6 point de pourcentage, la transformation participant à une hausse de 0,8 point, la contribution de la distribution étant neutre. La hausse des prix agricoles n’a cependant pas été sans conséquence, sur le long terme, sur les marges des autres maillons de la filière. En matière de steak haché, la distribution est ainsi parvenue au deuxième semestre 2025 à préserver une marge brute de 23 % (en baisse cependant de trois points par rapport au premier semestre 2021). Mais sur la même période, la marge brute des entreprises de transformation bovine a fondu de neuf points, passant de 29 % à 20 %. Une évolution qui explique sans doute en partie les difficultés économiques actuelles des entreprises de viande. Les résultats annuels détaillés de l’observatoire, portant notamment sur les marges nettes des différents maillons de la filière, seront publiés en juillet prochain.