Le gouvernement a officiellement lancé, le 8 septembre, le Programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant (Pnod). Celui-ci, issu de la loi d’orientation agricole de mars 2025, entend susciter de nouvelles vocations, afin de renouveler les générations.
Alors qu’un agriculteur sur deux devrait partir à la retraite dans les prochaines années et que le nombre d’exploitations françaises ne cesse de décroître, le ministère de l’Agriculture et celui de l’Éducation nationale ont lancé le Pnod. Objectif : faire découvrir la diversité des métiers du vivant -de l’élevage à l’agroalimentaire, du paysage à l’environnementdès le plus jeune âge. Cependant, les carrières en agriculture et agroalimentaire restent encore méconnues du grand public malgré les bonnes performances de l’enseignement agricole. En effet, ses effectifs ont progressé de 7 % en cinq ans, et ses diplômés bénéficient d’un taux d’insertion professionnelle supérieur de 5 à 6 points à la moyenne nationale. Dans le supérieur, le taux d’emploi atteint même 93 % pour les ingénieurs et 98 % pour les vétérinaires, un an après leur diplôme. Les élèves peuvent s’appuyer sur une structure pédagogique solide et un réseau dense : plus de 800 établissements et 230 exploitations ou ateliers technologiques. Le secteur propose également 15.000 places sous statut scolaire et plus de 15.000 en apprentissage via Parcoursup. En outre, la loi d’orientation agricole fixe des objectifs ambitieux d ’ ici 2030, exigeant une hausse de 30 % du nombre d’apprenants dans les formations agricoles et agroalimentaires par rapport à 2022.
Une enveloppe de 500.000 euros
C’est pourquoi le Pnod «privilégie une approche territoriale et partenariale associant l’Éducation nationale, les Régions, les Chambres d’agriculture, l’Association nationale emploiformation en agriculture, (Anefa), France Travail et les interprofessions», indique le dossier de presse du gouvernement. Le Pnod va coordonner les démarches locales en fournissant aux acteurs de terrain une méthode commune et vingt-trois fiches-actions nationales. Il reviendra aux nouveaux délégués départementaux de l’enseignement agricole (Ddea) de renforcer les liens entre les écoles et les professionnels. Sur le terrain, les actions ciblent l’immersion directe. La loi d’orientation prévoit la mise en place de 10.000 offres de stage de troisième et de seconde dans le milieu agricole, l’accès à la plateforme «un élève-un stage», ainsi que soixante-quinze classes de mentorat avec des entreprises. Des jumelages entre écoles et fermes, des visites d’exploitations et l’intervention de réseaux d’anciens élèves (Alumni) sont prévus pour rythmer le parcours des élèves. Le programme mobilisera aussi le camion d’information «L’Aventure du vivant». Pour soutenir cette dynamique, l’État envisage de déployer une enveloppe nationale de 500.000 euros pour accompagner environ cinquante projets territoriaux. Il est également prévu que ce dispositif soit complété par un Tour de France des initiatives régionales, et la création d’un Prix national des jeunes ambassadeurs. À charge pour les gouvernements futurs de tirer un bilan de ce programme après 2030.



