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L’agriculture : un sujet viral sur les réseaux sociaux

Communiquer sur leur métier, leurs produits ou pour échanger avec leurs pairs ou le grand public, les élus de la Fdsea veulent se professionnaliser en se formant sur les réseaux sociaux. Photo DR
Communiquer sur leur métier, leurs produits ou pour échanger avec leurs pairs ou le grand public, les élus de la Fdsea veulent se professionnaliser en se formant sur les réseaux sociaux. Photo DR

Il est loin le temps où l’agriculture se cantonnait aux circuits traditionnels d’information. Le nouveau «récit» de l’agriculture s’écrit aussi «en ligne». Plusieurs administrateurs de la Fdsea de Moselle se sont formés pour s’adapter à cette mutation.

Depuis le début des années 2000, les réseaux sociaux ont peu à peu intégré l’espace médiatique, allant même jusqu’à se substituer, pour certains, aux médias traditionnels pour l’information du quotidien.

La technologie, avec le développement du réseau internet et la banalisation des smartphones, a été déterminante dans cette mutation. On pense en premier lieu à la perte d’audience du papier au profit du digital. Mais la télévision comme la radio laissent aussi des plumes dans cette transformation.

Le premier grand réseau social à s’imposer est Facebook. Créé en 2004 par Mark Zuckerberg, il restera un symbole de cette révolution.

De nombreux autres réseaux ont depuis été créés

En 2006, c’est la naissance de Twitter. On y partage de très courts textes, souvent en lien avec l’actualité. Si son prédécesseur a les faveurs de monsieur et madame tout le monde, Twitter s’adresse prioritairement à une autre cible telle que les journalistes, les politiques et plus généralement des leaders d’opinion. L’agriculture n’échappe pas au phénomène. On peut évoquer les agri-influenceurs qui ont investi cet espace médiatique pour communiquer sur leur quotidien avec succès. Il y a aussi le cas de l’association FranceAgriTwittos qui fédère des agriculteurs, des professionnels du secteur agricole et des citoyens actifs sur les réseaux sociaux. Ils ont fait le choix de communiquer positivement sur l’agriculture.

En 2010, c’est le tour d’Instagram, qui sert surtout à publier des photos, des vidéos et des stories. Et en 2016, TikTok fait son entrée, en se spécialisant sur les vidéos courtes.

Influenceurs agricoles

Dans une étude publiée en 2025 sur l’activité des quarante-deux principaux “influenceurs” agricoles français (comptant au moins 8.000 abonnés, actifs sur TikTok, YouTube, Instagram, Facebook ou X), le cabinet de conseil Visibrain estime que le réseau social chinois TikTok est devenu un canal majeur.

Ils sont aujourd’hui trente-huit influenceurs à être présents. 2,2 millions de personnes sont abonnées à leurs comptes. C’est comparable à YouTube, qui rassemble seize “influenceurs”, suivis par 1,65 million de personnes, ou encore à Instagram (vingt-huit “influenceurs” pour 774.000 abonnés), loin devant Facebook (neuf “influenceurs”, 340.000 abonnés) et X (six “influenceurs”, 97.000 abonnés). Mais dans cette hiérarchie, l’étude montre que Facebook reste «un canal stratégique», «un outil de proximité pour l’agriculture».

Les animaux ont la côte

Les éleveurs sont les plus représentés (dix-huit “influenceurs”), devant la polyculture-élevage (douze “influenceurs”), et les grandes cultures (douze “influenceurs”). Dans l’ordre, les sujets abordés rassemblent «la vie quotidienne à la ferme», la «formation et la vulgarisation du métier agricole», le «machinisme agricole et les nouvelles technologies», le «soutien à la féminisation» et, en dernier, un «engagement politique timide». Mais, on retiendra aussi que cette étude montre que l’agriculture s’impose comme un sujet viral, dépassant le cercle des professionnels.

TikTok structure la dynamique de cette tendance avec une croissance exponentielle de l’engagement en imposant «un modèle d’influence ultra-immersif et propulse l’agriculture auprès d’une audience élargie».

Se former

Il est loin le temps où l’agriculture se cantonnait aux circuits traditionnels d’information (Pqr, presse professionnelle, télévision…). Sans les voir disparaître, s’y ajoute le récit d’une agriculture “en ligne”. Et tous les enjeux professionnels sont concernés. On parle de vulgarisation des pratiques agricoles de sensibilisation à l’innovation. Beaucoup y voient l’opportunité de valoriser les métiers tout en cassant les clichés sur l’agriculture. Plus opportunément en termes de stratégie d’influence, les contenus proposés témoignent de l’engagement dans les débats sur la souveraineté alimentaire, la transition agroécologique ou encore la place des agriculteurs dans la société.

Dans ce contexte, plusieurs administrateurs et salariés de la Fdsea se sont retrouvés le 27 janvier pour une journée de formation dédiée aux réseaux sociaux. De la découverte des coulisses d’un univers où plus d’un agriculteur sur trois se connecte quotidiennement, en passant par l’analyse des contenus proposés, cette formation a fait le plein. Dans un programme copieux, la connexion entre réseaux sociaux et intelligence artificielle, a particulièrement suscité la curiosité et l’intérêt des participants.