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Viande bovine : Vague de prix en baisse

Aucune catégorie d’animaux n’est épargnée par cette correction de prix. Photo Actuagri
Aucune catégorie d’animaux n’est épargnée par cette correction de prix. Photo Actuagri

En France, ces toutes dernières semaines, les cours de la quasi-totalité des catégories de bovins viande se sont repliés. Des baisses sont aussi observées sur le marché européen où les importations des pays tiers engorgent un marché déjà bien pourvu. La consommation de viande se rétracte.

«Les prix élevés des viandes bovines à la consommation et le pouvoir d’achat contraint par la flambée des prix des carburants freinent la demande partout en Europe», analyse l’Institut de l’élevage (Idele) dans son dernier numéro de Tendances. Après des mois de hausses, ce renversement conjoncturel était inévitable. Il restait à savoir quand il allait survenir. Aucune catégorie d’animaux n’est épargnée par cette correction de prix.

En France, les cotations des broutards se sont repliées. «Supérieurs à 5,50 €/kg vif, les Charolais U de 450 kg ont perdu 0,59 €/kg vif en un mois, reculant semaine 20 (close le 17 mai) à 4,98 €/kg vif, un niveau légèrement inférieur (-7 cts) à leur cours de 2025», souligne l’Institut. Le 17 mai, la vache O cotait alors 6,33 €/kg équivalent carcasse (€/kgéc), en repli de 0,34 €/kgéc en quatre semaines, mais le prix reste supérieur de 0,06 €/kgéc à son niveau de 2025. La vache P, la moins conformée, a aussi perdu 0,39 €/kgéc à 6,02 €/kgéc.

Pays tiers

Ces baisses sont brutales car la viande de vache de réforme française n’était plus compétitive au regard des cours observés en Irlande ou en Allemagne. Dans ces pays, les cours des vaches O reculent depuis le mois d’octobre 2025. Alors que la cotation française avait continué à augmenter jusqu’à fin mars, creusant l’écart avec les pays voisins. Semaine 20, la vache O allemande valait 5,92 €/kgéc (-5 % versus 2025 mais +40 % versus 2024) tout comme l’irlandaise (-11 % versus 2025 mais +40 % versus 2024). Ces écarts de prix favorisent les importations de viande européennes en France. Selon l’Idele, l’Allemagne a même accru ses expéditions grâce à un prix compétitif proche des origines irlandaises et polonaises. Notre pays a aussi importé de la viande d’Autriche et de Roumanie très bon marché, peu consommée par la population.

Par ailleurs, «les viandes d’origine des pays tiers sont de plus en plus présentes sur le marché européen et font pression sur les prix», note encore l’Idele. Sur les deux premiers mois de l’année (derniers chiffres connus), 71.000 tonnes équivalent carcasse (téc) ont été importées, 25 % de plus qu’en 2025 à la même période.

Repli des jeunes bovins

Le Brésil a expédié 21.000 téc (+65 %/2025), le Royaume-Uni 18.000 téc (+23 %) et l’Uruguay 11.000 téc (+32 %). En 2025 déjà, les importations de viande bovine de pays tiers avaient fortement progressé (+18 % comparées à l’année précédente) et totalisé 459.000 téc. Leur part dans la consommation européenne est passée de 6,1 % en 2024 à 7,4 %.

En France, le repli des cours n’épargne pas les jeunes bovins finis (Jb). Leurs cotations diminuent depuis début avril, dans le sillage des prix allemands et italiens. Semaine 20, le jeune bovin U se vendait 7,05 €/kgéc après avoir perdu 0,50 €/kgéc en quatre semaines, mais son cours demeurait supérieur de 9 % à son niveau de 2025.

Chaque printemps, les cours des Jb se replient en Union européenne même si ces dernières années leur baisse était fortement atténuée par l’offre très restreinte d’animaux. Mais depuis quelques semaines, la donne a changé. La demande d’animaux s’est contractée. Aussi, la baisse saisonnière des cours est particulièrement marquée. Toutefois, les prix des Jb progressent toujours en Espagne car le pays exporte énormément d’animaux en Algérie. Semaine 20, le Jb U cotait 7,42 €/kgéc, soit +6 % versus 2025.