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Une nouvelle maladie bovine présente dans les Alpes

Le premier signe cutané est l’apparition d’un hérissement des poils, suivi par des nodules durs indolores, préférentiellement sur le cou, les membres et la mamelle (photo site de l’Efsa). Photo GDS
Le premier signe cutané est l’apparition d’un hérissement des poils, suivi par des nodules durs indolores, préférentiellement sur le cou, les membres et la mamelle (photo site de l’Efsa). Photo GDS

La vigilance est de mise face à l’émergence de la Dermatose nodulaire contagieuse (Dnc) en France, une autre maladie transmise par des insectes vecteurs.

Le premier foyer français de dermatose nodulaire contagieuse a été confirmé, le 29 juin dernier, dans un élevage bovin situé en Savoie, suivi d’autres confirmations dans les jours suivants. Ces cas surviennent peu de temps après la détection de deux foyers en Italie, l’un en Sardaigne, l’autre en Lombardie, marquant ainsi le retour sur le sol européen de la maladie originaire d’Afrique sub-saharienne.

Il s’agit des premières infections recensées en Europe depuis son éradication en octobre 2017, à la suite d’une importante épizootie dans les Balkans.

Une maladie vectorielle

La dermatose nodulaire contagieuse, bien qu’inoffensive pour l’homme, se propage entre bovins par la piqûre d’insectes comme les taons ou stomoxes. Il n’y a pas non plus de risque pour la santé humaine lié à la consommation de produits issus de ces animaux. En revanche, cette maladie animale, si elle épargne les ovins et les caprins, est fortement préjudiciable à la santé des bovins, et conduit à des pertes de production importantes.

Les signes cliniques, après 4 à 14 jours d’incubation, sont :

• Nodules sur la peau, les muqueuses, les membranes et les organes internes,

• Hypertrophie des ganglions lymphatiques,

• Fièvre pouvant atteindre 41°C,

• Abattement,

• Anorexie,

• Chute de lactation.

Habituellement, les symptômes généraux précèdent l’apparition des signes cutanés (voir photo).

Les éleveurs sont appelés à surveiller quotidiennement l’état de santé des animaux, et à alerter immédiatement leur vétérinaire sanitaire en cas d’apparition de ces symptômes.

Situation actuelle

Les analyses dans la zone autour du premier cas en ont décelé d’autres : au 10 juillet, dix foyers ont été confirmés, dont neuf dans la commune d’Entrelacs et un en Haute-Savoie, à quelques kilomètres du cas initial. D’autres suspicions des départements environnants, la Corse ou l’Aveyron ont été infirmées, au jour de la rédaction de cet article il reste quelques suspicions en cours. L’origine de ces premiers foyers français reste encore inconnue, des investigations épidémiologiques sont en cours.

En Sardaigne, plusieurs nouveaux foyers ont été déclarés, signe d’une contamination ancienne de ce territoire, alors qu’aucun autre foyer n’a été déclaré en Lombardie.

Mesures prises après la détection des cas en Savoie :

• Zone réglementée de 50 km autour du foyer, avec interdiction de tous mouvements de bovins à partir ou à destination de cette zone,

• Abattage du troupeau concerné,

• Surveillance renforcée, sans restriction au commerce hors zone.

Les mesures initiales sur les restrictions concernant le lait cru ont été levées.

Il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire et à éradication immédiate au regard de la réglementation Européenne. Le dépeuplement du premier foyer a ainsi déjà été réalisé au lendemain de la prise de l’arrêté préfectoral de déclaration d’infection afin d’éviter que cette maladie ne s’installe, et ne se dissémine, suivi d’une désinfection et désinsectisation de l’élevage.

Que faire ?

L’éventualité de l’utilisation de vaccins existants est actuellement étudiée, la demande de déblocage a été faite au niveau européen, mais les stocks sont limités, et les conditions sanitaires à la mise en application d’une éventuelle vaccination seront à préciser. L’apparition ou non de nouveaux foyers dans les prochains jours sera déterminante pour arrêter la conduite à suivre.

En attendant une éventuelle possibilité de vaccination, les seules mesures de précaution en zone indemne sont de l’ordre de la biosécurité classique : Il est bien sûr interdit de ramener des bovins de la zone réglementée qui concerne actuellement une partie des départements de Savoie, Haute-Savoie, Ain et Isère. Il est aussi recommandé de ne pas déplacer les autres animaux qui partagent les mêmes mouches piqueuses et taons, principaux vecteurs de la propagation du virus (ovins, caprins et équins).

Soutien de la région Grand Est à la vaccination Fco et Mhe

Depuis l’automne 2024, la Fco-3 touche sévèrement les élevages de ruminants dans le Grand Est. La Fco-8 et la Mhe sont également sous surveillance renforcée pour 2025. La vaccination reste, à ce jour, le seul outil efficace pour protéger les cheptels contre ces maladies.

Face à cette menace persistante, la région Grand Est a débloqué une enveloppe de 1 million d’euros.

La gestion de cette aide a été confiée aux Gds via la plateforme dédiée à la récolte des demandes d’aides ainsi qu’aux documents justificatifs.

Qui est concerné ?

Tous les éleveurs ayant acheté des vaccins contre la Fco ou la Mhe entre le 1er octobre 2024 et le 13 juillet 2025.

Démarches à suivre :

• Compléter le formulaire en ligne sur : gds-grandest.fr

• Fournir : - Nombre d’animaux vaccinés

- Factures des vaccins avec mention de la date de paiement

- Un Rib

• Date limite de dépôt : 13 juillet 2025

Les fonds seront versés par le Gds à partir de septembre 2025 après répartition et cumul des différentes aides possibles. Les données collectées pourront servir à solliciter d’autres cofinancements publics.