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Santé des veaux et avenir de la production laitière

Comment mesurer la qualité du colostrum à l’aide d’un réfractomètre afin de vérifier s’il est adapté à l’alimentation du nouveau-né. photo DR
Comment mesurer la qualité du colostrum à l’aide d’un réfractomètre afin de vérifier s’il est adapté à l’alimentation du nouveau-né. photo DR

Le 3 mars dernier, la Fdsea de la Moselle a organisé à Sarrebourg une journée dédiée aux producteurs laitiers autour d’un enjeu central : la santé des veaux, véritable levier pour la performance et l’avenir des élevages. Une rencontre qui a permis de croiser regards techniques, économiques et syndicaux, dans un contexte où l’avenir de la production laitière reste plus que jamais au cœur des préoccupations.

En ouverture de la journée, Christophe Maginot, élu de la Fnpl, est revenu sur les grandes tendances de la filière lait. Entre volatilité du prix du lait, évolution des charges et multiplication des contraintes réglementaires, les éleveurs doivent sans cesse adapter leurs systèmes. Des échanges nourris ont, également, porté sur les enjeux sanitaires et les réglementations en vigueur, notamment concernant certaines maladies (Fco, Dnc, tuberculose), qui viennent complexifier encore davantage le quotidien des exploitations.

Pour Dominique Bouché, président de la section laitière de la Fdsea 57, ces temps d’échange sont essentiels. «Dans un contexte où les éleveurs doivent faire face à de nombreuses incertitudes, notre rôle est d’apporter de l’information, de créer du lien et de défendre des conditions de production viables. La technique est un levier, mais elle doit s’accompagner d’un engagement collectif fort», rappelle-t-il.

Un focus technique

La matinée s’est poursuivie avec l’intervention du Dr René Fournier, vétérinaire au laboratoire Msd Santé Animale, qui a mis en lumière l’importance stratégique des premières semaines de vie des veaux. «Tout se joue très tôt», a-t-il rappelé, en insistant sur le fait que la réussite du présevrage conditionne directement la future carrière de la vache laitière. Une génisse bien conduite, avec une croissance maîtrisée et peu de problèmes sanitaires, permettra un vêlage plus précoce, une meilleure production et une rentabilité accrue de l’atelier lait.

Parmi les points clés développés :

• La gestion du colostrum, véritable fondation de l’immunité du veau : distribution rapide, en quantité suffisante et avec une qualité contrôlée.

• L’hygiène, de la naissance jusqu’à l’alimentation, pour limiter les contaminations.

• L’alimentation et la croissance, avec un objectif de croissance élevé dès les premières semaines.

• La prévention sanitaire, en particulier vis-à-vis des troubles digestifs et respiratoires.

Les données présentées ont rappelé que les impacts sont loin d’être uniquement sanitaires : croissance insuffisante, maladies précoces ou retard de vêlage se traduisent directement par des pertes économiques pour l’éleveur.

Du concret sur le terrain au Gaec de l’Isch

Après un déjeuner convivial, les participants se sont rendus au Gaec de l’Isch à Postroff pour une mise en pratique des notions abordées le matin.

Accueillis par Camille et Nicolas Roth, ainsi que leurs parents (Frédérique et Didier), les éleveurs ont pu observer les installations et échanger autour des pratiques mises en place sur l’exploitation : organisation des cases à veaux, gestion du colostrum, suivi des jeunes animaux, ou encore hygiène du matériel. Des démonstrations ont également été réalisées, notamment avec des prises de sang sur des veaux en présevrage afin de vérifier le bon transfert d’immunité, ainsi que des observations du logement et de l’ambiance des bâtiments.

Pour Camille Roth, cette journée a été l’occasion de partager son expérience, «on applique déjà un certain nombre de pratiques, mais ces échanges permettent toujours de se remettre en question et d’identifier des pistes d’amélioration. Accueillir le groupe, c’est aussi valoriser le travail réalisé sur l’exploitation et montrer concrètement ce qui fonctionne au quotidien». Les discussions entre éleveurs ont été particulièrement riches, chacun confrontant ses pratiques, ses contraintes et ses solutions.

Au-delà des apports techniques, cette journée a pleinement rempli son objectif syndical : rassembler, échanger et renforcer la dynamique collective. Cette rencontre a ainsi confirmé l’intérêt des éleveurs pour des formats mêlant expertise technique et échanges de terrain. Elle illustre également la volonté de la Fdsea de continuer à accompagner les producteurs face aux défis à venir.