Devant l’ampleur du sujet et la nécessité de rétablir la réalité des faits et les fondements de la connaissance scientifique, une trentaine d’acteurs de la filière bovine mosellane se sont retrouvés, le 15 décembre à Metz.
Elle est sur toutes les lèvres, les médias se sont emparés du sujet, pas une réunion professionnelle où le sujet ne fasse débat, la France entière regarde une nouvelle fois les agriculteurs et plus particulièrement les éleveurs sous le prisme de la santé animale.
Pour éradiquer la dermatose nodulaire contagieuse (Dnc), la France applique une stratégie basée sur trois piliers : la limitation des mouvements de bovins, le dépeuplement total des troupeaux infectés, et la vaccination de tous les bovins dans la zone touchée. S’y ajoute évidement, la vigilance accrue des éleveurs pour toutes les mesures de biosécurité.
C’est bien cette stratégie, appliquée strictement depuis l’apparition de la maladie sur notre territoire, le 29 juin 2025 en Savoie, qui est aujourd’hui au cœur d’une polémique.
Maladie virale
Cette maladie virale fortement préjudiciable à la santé des bovins (45 % de morbidité) et allant potentiellement jusqu’au décès (plus de 10 % du cheptel) conduit à des pertes de production importantes du cheptel infecté. Et au-delà des pertes directes, pèse la menace du statut sanitaire d’un territoire où les flux commerciaux et par voie de conséquence les prix de marché qui pourraient dévisser.
Devant l’ampleur du sujet, et la nécessité de rétablir la réalité des faits et les fondements de la connaissance scientifique relative à la Dnc, une trentaine d’acteurs de la filière bovine mosellane se sont retrouvés autour du directeur départemental de la protection des populations (Ddpp), Rabah Bellahsene, et la représentante de Groupement technique vétérinaire (Gtv), Estelle Cotton.
Au menu, la présentation de la maladie, un point de situation de son évolution en France et une analyse détaillée des mesures de lutte mises en œuvre pour atteindre l’objectif d’éradication.
Ce cadre général devant être replacé dans le contexte européen où la Dnc est classée dans une catégorie particulière qui impose un dépeuplement total des foyers (unités épidémiologiques) touchés.
Préserver notre territoire
Si tous conviennent de la nécessité de «préserver le territoire du Grand Est de la maladie», les moyens d’y parvenir divergent. Mais les arguments et les messages martelés par la Ddpp comme par le Gtv ne se sont jamais écartés de la doctrine du ministère de l’Agriculture.
L’analyse des retours d’expérience des derniers mois démontre que «le plus grand danger, c’est le transport des animaux». Les éleveurs ont ainsi été invités à respecter strictement les règles et les mesures de biosécurité. En cas de nécessité de mouvement d’animaux, il leur est conseillé d’anticiper la recherche d’information sur l’origine des animaux en se rapprochant des Gds pour tracer au mieux l’information, en anticipant les délais avant l’introduction.
Biosécurité
Enfin, l’appropriation individuelle et la maîtrise de la mise en œuvre des plans de biosécurité, restent une clé de voûte du dispositif collectif.
Il a été rappelé également l’absolue nécessité de détection précoce des foyers. Elle est basée sur la surveillance rapprochée de l’état de santé des bovins par les éleveurs, mais aussi le signalement systématique au vétérinaire en cas de signes évocateurs (fièvre, écoulements, nodules) pour la réalisation de prélèvements officiels.
Statut indemne
Plusieurs participants ont argumenté l’enjeu stratégique que représente «la garantie du maintien du statut indemne de la France», démontrant que «sa perte aurait nécessairement des conséquences importantes sur les prix de marché et dans les fermes».
Toujours dans le cadre du plan de lutte développé par les services de l’État, et avec le souhait «d’empêcher la propagation de la maladie», la profession demande à disposer de doses de vaccins d’avance, «en très large quantité», de façon à «pouvoir rassurer les éleveurs sur la capacité à les fournir», et pouvoir «protéger notre cheptel et préserver la pérennité des élevages français». «Nous devons nous tenir prêts à toute évolution de la maladie», plaident les responsables professionnels.



