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OVINS VIANDE : Le prix ne fait pas le revenu

L’étude sur les revenus de l’Idele prend aussi en compte les pertes générées par la Fco et de la Maladie hémorragique épizootique. Photo Actuagri
L’étude sur les revenus de l’Idele prend aussi en compte les pertes générées par la Fco et de la Maladie hémorragique épizootique. Photo Actuagri

Les prix de la viande ovine n’ont jamais été aussi élevés. Cependant, les revenus des producteurs ne flambent pas. Les pertes causées par la Fièvre catarrhale ovine (Fco) et des écarts de prolificité pénalisent une grande partie des exploitations.

Le quatrième “dossier annuel” de l’économie de l’élevage récemment publié par l’Institut de l’élevage est dédié à la filière ovine. Parmi les sujets traités, l’un d’eux porte sur les revenus des éleveurs d’ovins viande de la “ferme France” (ou Résultat courant par Unité de main-d’œuvre - Rc/Umo) estimés à partir de la base nationale du dispositif Inosys-réseaux d’élevage. Celle-ci regroupe 340 exploitations très performantes réparties en cinq catégories.  En 2025, leurs producteurs ont tous bénéficié d’une baisse des charges et des cours élevés de la viande d’agneau. Mais l’augmentation des charges de structure ont en partie compensé ces gains.

L’étude sur les revenus de l’Idele prend aussi en compte les pertes générées par la Fco (surmortalité des brebis de 3 à 6 %) et de la Maladie hémorragique épizootique (Mhe) dans les systèmes mixtes ovins-bovins viande. Mais les écarts de Rc/Umo intracatégoriels sont plus importants que les écarts de Rc/Umo moyens inter-catégoriels. Les taux de prolificité et le poids des carcasses impactent directement les chiffres d’affaires des exploitations, leurs marges brutes et par ricochet les revenus de leurs producteurs.

L’an passé, les grands gagnants sont les systèmes mixtes “ovins viande et bovins viande” (179 ha, 375 brebis, 67 Va et 2,1 Umo). Leur Rc/Umo de 38,2 k€/Umo (+7,8 k€ sur un an) a été boosté par le marché de la viande bovine. Mais la dimension des structures (superficie, effectifs des troupeaux de bovins) a généré des écarts de Rc/Umo de 30.000 euros (k€) entre les systèmes “ovins viande et bovins viande” du quart supérieur les plus performants (50 k€/Umo) et ceux du quart inférieur (20 k€/Umo). En 2021 et 2022, c’étaient les Rc/Umo des systèmes diversifiés “Ovins viande et grandes cultures” (197 ha dont 125 ha de grandes cultures, 613 brebis et 2 Umo) qui avaient explosé. Mais l’an passé, ces mêmes céréales pénalisaient encore le Rc/Umo (22,8 k€) de ces systèmes, comme en 2024. Et malgré un chiffre d’affaires en hausse, le revenu reste inférieur à 2018 et 2019 (26-28 k€/Umo) et, bien sûr à ceux de 2021-2022 (42 k€/Umo).

Mêmes causes, mêmes effets

Mais dans les ateliers d’élevage les plus performants, des écarts de marges brutes de 50 €/brebis génèrent, à l’échelle des exploitations, des différentiels de revenus atteignant 30 k€/Umo. Les systèmes spécialisés “Ovins viande pastoraux” (2 Umo, 274 ha ; 587 brebis), frugaux en intrants (32 k€/Umo), sont toujours pénalisés par les contraintes naturelles (taux de mortalité des agneaux élevés). Le taux moyen de prolificité n’excède pas 0,88 agneau par brebis. Mais, là encore, le Rc/Umo moyen masque des écarts de revenu de 20 k€/Umo entre le quart inférieur des exploitations (20 €/Umo avec un taux de prolificité de 0,46 agneau par brebis) et le quart supérieur (40 k€/Umo et 1,2 agneau par brebis).

Les Rc/Umo  des systèmes spécialisés “ovins viande herbagers des zones à bon potentiel” (97 ha, 506 brebis, 1 Umo)  et “des zones à potentiel limité” (81 ha, 439 brebis, 1,4 Umo) sont très dépendants de la conjoncture du marché de la viande ovine et des taux de prolificité. Les systèmes “ovins viande des zones à bon potentiel” répartis tout le long de l’arc Atlantique (18,8 k€/Umo) voient leurs revenus progresser de 1,7 €/Umo grâce à un chiffre d’affaires en hausse de 2,9 k€ et à des charges variables en repli de 0,9 k€. Mais ces exploitations sont aussi plombées par leur chiffre d’affaires céréalier. Certains cultivent jusqu’à 50 ha de blé, orges, colza, maïs….

Mêmes causes mêmes effets, les systèmes “ovins viande spécialisés des zones à potentiel limité (Massif central, Vosges, Alpes du sud)” dégagent un revenu de 20 k€/Umo à la fois en hausse et pénalisé par des charges de structures (+ 1 k€/Umo). Et pour ces deux systèmes spécialisés, le taux de prolificité des brebis (0,5 à 2 agneaux par brebis) impacte fortement les revenus des producteurs, avec des écarts de Rc/Umo entre les exploitations de 1 à 3.