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Lorca élevage : Une activité et des prix dynamiques

L’assemblée générale du groupe spécialisé bovin de Lorca a connu un grand succès avec plus de 100 participants à Condé-Northen le 20 novembre. Photo Lorca
L’assemblée générale du groupe spécialisé bovin de Lorca a connu un grand succès avec plus de 100 participants à Condé-Northen le 20 novembre. Photo Lorca

 

Jeudi 20 novembre, la coopérative tenait son assemblée générale du groupe spécialisé bovin à Condé-Northen. À l’issue de la présentation traditionnelle du rapport d’activité, Patrice-René Richard, responsable boucherie France Carrefour et filières viande de Carrefour France, a présenté le groupe Carrefour et sa démarche Prim’herbe que propose la coopérative à ses éleveurs.

En ouverture de séance des travaux d’assemblée générale, Edmond Claiser, président de la section Élevage de la coopérative Lorca, a rappelé les différents faits marquants de l’exercice, tant au niveau sanitaire qu’au niveau des prix. Fabien Cremel, responsable de l’activité élevage, est ensuite intervenu pour présenter le rapport d’activité détaillé.

Dans un premier temps, il a rappelé les éléments de contexte de l’exercice 2024-2025 qui a connu un fait sanitaire très impactant avec l’arrivée de la Fco en France et dans le département. La tendance nationale révèle une baisse globale des abattages avec une bonne dynamique des prix et des bons résultats économiques pour les éleveurs.

Le sanitaire au cœur des débats

Au-delà des conséquences de la Fco pour l’exercice clos, le responsable d’activité est intervenu sur la situation sanitaire qui évolue depuis plus d’un an en France. «Fco, Mhe, Dnc, quels sont les impacts du sanitaire sur la mortalité des vaches ? Au second semestre 2024, le nord-est connaît un pic de mortalité par rapport à la tendance nationale, en raison de la propagation de la Fco dans le grand quart nord-est», explique Fabien Cremel. La fertilité s’est également retrouvée impactée avec un indicateur inférieur à la moyenne nationale.

Une collecte en baisse

Concernant les chiffres de collecte, bien que Fabien Cremel annonce une baisse de 11,2 % de bovins collectés, il souligne que «la coopérative gagne des parts de marché avec dorénavant un bovin sur trois chargé dans le département qui va à Lorca». Au total, ce sont 22.707 bovins qui ont été ramassés par la coopérative dont 63 % pour la boucherie et 37 % pour des animaux d’élevage. Le fait marquant et encourageant est la hausse de 22 % de la remise en place de broutards.

Des prix sans précédent

Avec la baisse de collecte au niveau national, l’offre se raréfiant par rapport à la demande, les prix ont connu une évolution significative pour atteindre des niveaux sans précédent. Le responsable d’activité illustre ses propos en comparant des prix de juillet 2024 et juin 2025 qui ont augmenté de 1 à 1,6 euro et qui ont encore pris près de 50  centimes à fin octobre 2025. Cela représente un passage de 4 € à 6,25 € le kilo pour des broutards entre juillet 2024 et octobre 2025 ou de 4,38 à 6,45 € le kilo pour des vaches classées O.

En clôture du rapport d’activité, Fabien Cremel a présenté les traditionnelles remises et ristournes qui atteignent 64.000 euros pour les remises de fin d’exercice et 49.000 euros pour les ristournes.

Une décapitalisation française

La poursuite des travaux se concentrait sur les perspectives du prochain exercice qui mettent en lumière une baisse générale des abattages de gros bovins (-2,4 % par rapport à 2024) et un cheptel européen qui perd 2 millions de bovins en 2 ans quand la France enregistre une baisse de 140.000 vaches en 2024. Concernant les prix au niveau européen, pour les jeunes bovins, on constate une hausse de 32 % en France (Allemagne +38 %, Italie +25 %) et pour les vaches de 42 % (Allemagne +48 %, Belgique +47 %).

Fabien Cremel note, enfin, «une baisse de 6 % des envois de broutards vers l’Italie et une consommation de viande bovine en France qui recule de 5,2 % en volume mais qui progresse de 5,4 % en chiffre d’affaires. Ces différents éléments, qui s’ajoutent au contexte sanitaire actuel avec la Dnc et la Mhe, illustrent que la filière reste fragile, notamment face à l’incertitude de facteurs que nous ne maîtrisons pas et le devenir des marchés avec l’évolution des prix qui pourrait ralentir la consommation».

Focus engraissement

Pascal Kardacz est intervenu sur l’activité engraissement de la coopérative en présentant plusieurs points de repère très importants et impactants sur l’activité. En effet, avec des cours qui se portent bien, le prix du broutard est passé de 3,62 € au kilo en 2023 à 6,25 en 2025, ce qui représente quasiment le doublement du prix d’un broutard de 350 kg. Pour des ateliers d’engraissement, le coût et l’accès au financement deviennent alors des problèmes. Pascal Kardacz évoque ainsi la contractualisation pour sécuriser cette activité. C’est dans cet esprit que la coopérative propose plusieurs types de contrats sécurisés, tels que McDo, Carrefour, Opti pacte ou encore Herbo pack.

Une politique encourageante

Christian Sondag, président du Groupe Lorca, a souligné qu’actuellement, «la période est plutôt favorable pour l’élevage et qu’il faut être optimistes pour l’avenir. Cependant, cette activité reste toujours tributaire de facteurs extérieurs tels que la politique et le sanitaire qui peuvent générer des craintes. C’est pour cela que la coopérative doit être aux côtés de ses adhérents éleveurs pour imaginer l’avenir ensemble, tant au niveau des financements que de la contractualisation».

Le président ajoute, également, que le métier de la viande nécessite aujourd’hui beaucoup de réactivité et d’adaptation. Edmond Claiser conclut en expliquant que «même si la consommation baisse, l’offre baisse encore plus, ce qui ouvre des marchés ; ce phénomène doit donc encourager des vocations d’éleveurs chez nos jeunes agriculteurs». Il ajoute «qu’en plus des plans régionaux d’accompagnement des exploitations, la coopérative doit être présente pour accompagner les projets d’éleveurs».

Un partenariat bénéfique

En clôture de l’assemblée générale, Patrice-René Richard du Groupe Carrefour est intervenu pour présenter le Groupe au niveau mondial avant de détailler la démarche Prim’herbe. Celle-ci découle d’une enquête client qui met la tendreté et le goût au centre des préoccupations des consommateurs. Elle est basée sur l’âge du bovin, son bien-être, une ration spécifique et apporte une plus-value par rapport à la cotation FranceAgriMer avec un prix plancher établi sur le prix de revient. Le représentant du Groupe Carrefour conclut son intervention en affirmant que «nous allons développer la filière Prim’herbe, permettant de proposer des viandes très appréciées de nos clients et de stabiliser voire augmenter le cheptel bovin local».