Sur la fin de l’année 2024 et le début de 2025, la Fco a causé de nombreux dégâts en élevage. C’est en jouant collectif dans l’incitation à la vaccination que l’immunité protège aujourd’hui les troupeaux.
Les travaux statutaires du Gds de Moselle ont réuni délégués et invités, le vendredi 10 avril à Delme. Sous la présidence d’Étienne Girard, l’examen des comptes a débouché sur une réorganisation de l’appel de cotisation. La nouvelle nomenclature proposée a vocation «d’affecter les flux financiers aux actions pour lesquelles le Gds est en délégation de services».
Quant au montant même de la cotisation, l’analyse du prévisionnel a amené les administrateurs à formuler plusieurs hypothèses. À l’unanimité, les délégués ont opté pour celle qualifiée de «prudente» par Étienne Girard. Une façon «de gérer en bon père de famille et de ne pas trop puiser dans les réserves».
Ainsi, la hausse passée s’élève à 6 %, soit à titre d’exemple pour un bovin, une cotisation de 2,49 euros en lieu et place des 2,36 euros de l’année passée (hors Fmse et Fmgds).
Biosécurité avant tout
Une fois le rapport financier bouclé, le traditionnel rapport technique a été livré à l’assemblée par les collaborateurs du Gds. L’occasion, une nouvelle fois, de passer des messages forts sur la biosécurité. En ligne de mire des conseils de prudence, avec en particulier la gestion des mouvements d’animaux. Les occasions de voir introduire dans son élevage autre chose que ce que l’on a acheté sont malheureusement légion.
En Moselle, ce sont 18.500 animaux qui ont été introduits en 2025. Une grande majorité s’avère provenir du même département (66 % exactement). Pour ces animaux, la traçabilité est plus facile à établir. Et le statut de notre département pour les différentes maladies auscultées à la loupe s’avère plutôt satisfaisant. Le Grand Est, hors Moselle, est pourvoyeur de 22 % des introductions. Là encore, le danger est contenu. Mais reste encore 12 % de provenance hors Grand Est. Et dans ces situations, les techniciens du Gds agitent le drapeau de biosécurité. Ils engagent les éleveurs «à une vérification pointilleuse du statut de l’animal introduit», «à vérifier scrupuleusement la durée de transport», c’est un indicateur des possibilités de contacts avec d’autres animaux. «Trop long, ce n’est pas bon» fait-on remarquer depuis la tribune. «L’isolement à l’arrivée s’impose» stipule le Directeur départemental de la protection des populations. Rabah Bellahsene insiste, «des améliorations sont à prévoir au regard des pratiques actuelles». Les commentaires de l’assistance attestent que des marges de progrès existent bien dans les exploitations.
Fco, protégez votre troupeau
Sur la fin de l’année 2024 et le début de 2025, la Fco a causé de nombreux dégâts en élevage. Le travail collectif de sensibilisation et d’information des éleveurs, l’incitation à la vaccination et la forte mobilisation de tous les acteurs de la santé animale ont permis une couverture vaccinale qui montre aujourd’hui son efficacité. En effet, si l’Ouest de la France a connu une importante circulation de la Fco 3 et de la Fco 8 cette année, le Grand Est a été relativement épargné. Les intervenants ayant pris la parole devant l’assemblée sont unanimes. Cette situation doit être mise au crédit «de la combinaison de l’immunité naturelle et vaccinale».
Naturellement, le message porté par le Gds et le Groupement Technique Vétérinaire (Gtv) est clair, «La clé pour cet hiver est la poursuite des efforts entamés et la prévention pour capitaliser l’immunité». Idéalement, la vaccination Fco 3 et 8, plus la Mhe devait être finalisée en mars pour une bonne couverture dès avril.
DNC, une maladie émergente
Grand témoin de la séquence dédiée à l’évocation de la Dnc, Lionel Malfroy, président du Gds du Doubs, est venu à Delme pour partager son retour d’expérience. Son département a compté jusqu’à 160.000 bovins en zone vaccinale.
C’est avec une émotion palpable que cet éleveur de Monbéliardes du Haut-Doubs a livré un récit riche d’enseignements tirés de la gestion de cette crise sanitaire. À ses côtés, pour répondre aux questions relatives aux bases scientifiques de la maladie, le Docteur Camille Rommert, représentante du Gtv Grand Est.
Les mots utilisés par Lionel sont forts. Pour évoquer l’impact de la maladie dans les troupeaux touchés, il parle de «violence», de «drame» et «d’horreur pour les éleveurs». Sur le traitement médiatique du sujet, il fustige «un tollé» où domine «l’ignorance». Et de dénoncer «la prise en otage du sanitaire pour faire le buzz». Il témoigne également d’une période de vie «très dure» entre «la vaccination et la fin de la longue attente de cinquante jours pour retrouver un peu de tranquillité». L’éleveur à lui-même vacciné son troupeau à la Toussaint, les 50 jours d’attente conduisant à Noël. «On n’a jamais autant cru à Noël cette année, mais ça a été long», avoue Lionel Malfroy. D’autant plus long que son département a été en situation de forte suspicion, dès le lendemain du premier cas détecté en Savoie, le 29 juin.
Quant à la polémique sur le principe du dépeuplement, pas l’once d’un doute chez Lionel Malfroy. Il témoigne de la réaction d’éleveurs sceptiques qui, après la visite sur une exploitation touchée dans le Jura, sont systématiquement revenus à la nécessité d’appliquer le protocole à la lettre.
Deux chiffres à relever dans l’exposé de l’éleveur, «la Dnc pour finir, c’est 3.500 bêtes dépeuplées, la tuberculose ça va de 5.000 à 10.000 tous ans».
Résilience
Dans son rapport moral, Étienne Girard a souligné la «résilience de l’élevage». Mais la prudence lui impose de rappeler «l’environnement incertain et exigeant». Il s’est «réjoui de l’amélioration des prix» de la viande bovine, et prudence encore, il qualifiait cette embellie de «fragile».
Aussi, et dans un contexte où «plusieurs menaces bien réelles, Dnc, peste porcine africaine et la grippe aviaire, concernent nos élevages», le président du Gds 57 invitait les éleveurs à «rester vigilants tous les jours». Il rappelait «comme première ligne de défense», le rôle de «la biosécurité», encourageant à poursuivre «une cohésion entre les Opa pour porter des messages communs». À ce titre, il reprenait l’exemple de l’incitation à la campagne de vaccination contre la Fco.



