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Les bassins laitiers exportateurs portés par une conjoncture très favorable

En France, les 1.000 litres étaient réglés 494 € en octobre dernier, soit 5,7 % de plus qu’en 2024. Photo actuagri
En France, les 1.000 litres étaient réglés 494 € en octobre dernier, soit 5,7 % de plus qu’en 2024. Photo actuagri

La collecte de lait croît dans les grands bassins de production, l’Australie mise à part. Les prix incitent les éleveurs à en produire toujours plus. Portés sur leur lancée, le fléchissement des cours des commodités ne les fait pas encore réagir.

Depuis août 2024, la production cumulée de lait des six premiers exportateurs mondiaux de produits laitiers (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande et Ue-27) croît un peu plus chaque mois. Selon l’Institut de l’élevage (Idele), la hausse de 3 % des livraisons au mois de septembre 2025 est la plus élevée des quatorze derniers mois. La collecte de lait avait alors été particulièrement dynamique aux États-Unis (+4 % sur un an) et en Union européenne (11,5 milliards de litres ; +3,9 %/2024). Outre la France (+4,5 % en septembre 2025 ; +5 % en octobre 2025), les livraisons allemande, néerlandaise et polonaise étaient supérieures de 5 % à 7 % par rapport à l’an passé.

En Union européenne, le prix du lait motive les producteurs à conserver leurs vaches. Au mois d’octobre dernier, les 1.000 litres étaient payés 513 € (+7 % sur un an) mais leur prix stagne à ce niveau depuis plusieurs mois. En France, les 1.000 litres étaient réglés 494 € en octobre dernier, soit 5,7 % de plus qu’en 2024. Mais en Irlande, où le prix du lait est très lié aux cours de la poudre et du beurre, les 1.000 litres ont été payés 504 €, soit 115 € de moins qu’en novembre 2024.

Taux de change avantageux

Cette baisse préfigure probablement un retournement conjoncturel étendu dans toute l’Union européenne. Du reste, le prix du lait payé aux éleveurs français au mois de novembre se replierait de 10 €/1.000 l par rapport à octobre, selon l’Idele. Mais dans les autres bassins de production, les producteurs ne se lassent pas de profiter d’un marché international porteur, accru par la parité avantageuse de certaines monnaies même si en Nouvelle-Zélande, Fonterra perçoit une orientation à la baisse des prix des commodités. En attendant, «le groupe coopératif a annoncé un prix final hors dividende pour la campagne 2024-2025 de 10,16 NZ$/kgMs*», mentionne encore l’Idele. Et à l’export, le taux de change du dollar néozélandais n’a jamais été aussi avantageux (1 NZ$ = 0,49 € en novembre). Cette campagne-ci, les producteurs néozélandais profitent toujours de cet engouement. «Fonterra prévoit de collecter 1,525 million de kgMs durant la campagne 2025-2026, niveau supérieur au 1,509 million de kgms collecté en 2024-2025 (+1,1 %)», affirme l’Idele.

Mauvais début de campagne

Aux États-Unis, les Farmers prolongent la lactation de leurs vaches. Seules 160.000 bêtes ont été réformées en quatre mois (-22,8 % versus 2023). «En septembre 2025, le pays comptait 9,581 millions de vaches laitières (+2,4 % versus 2024), le plus haut niveau observé depuis le début de la série statistique en janvier 2015», selon l’Idele. En Union européenne, le mauvais début de campagne plombe toujours les résultats. Mais en cumul sur neuf mois, la collecte (108 milliards de litres) était cependant supérieure de 0,7 % à l’an passé.

En hémisphère sud, la campagne laitière a très bien commencé en Argentine et en Nouvelle-Zélande. En cumul sur neuf mois, la collecte argentine s’est nettement redressée (7,7 milliards de litres, +10 % versus) et dépasse d’1 % son niveau de 2023. Et au cours de l’hiver austral, la production néozélandaise de lait a crû de 2,8 % (4,5 milliards de litres) et en matière sèche utile (+1,2 % à 374.000 Mt), rapporte l’Idele.

En Australie, le marasme

En 2015-2016, l’île continent produisait 9,7 milliards de litres de lait ; dix ans plus tard, la collecte n’excède pas 8,3 milliards. Moins de lait est livré chaque année. Le changement climatique rend l’élevage laitier de plus en plus périlleux et onéreux. De nombreuses exploitations laitières cessent leur activité faute de rentabilité et sont reconverties par de potentiels repreneurs quand elles ne sont pas abandonnées faute de successeur. L’agrandissement n’est plus en vogue.

(*) soit 5,02 euros par kilogramme de matière sèche de lait