Vous êtes ici

La tradition d’élevage de chevaux de trait Ardennais se poursuit en Moselle

Majesté du Wolfert menée par Paul Rechenmann du Gaec de la Steine, Championne Espoir au concours national Ardennais de Vittel 2025. Photo DR
Majesté du Wolfert menée par Paul Rechenmann du Gaec de la Steine, Championne Espoir au concours national Ardennais de Vittel 2025. Photo DR

Le concours national Ardennais de Vittel 2025 a été l’occasion de confirmer la présence des éleveurs mosellans de chevaux Ardennais au plus haut niveau. Le jeune président du syndicat des éleveurs de Moselle promet de belles vitrines à venir.

Si pour vous la décrire on évoque sa tête camuse, son arcade orbitaire légèrement saillante au-dessus d’un œil vif et expressif, sa robe baie, rouan, alezane ou noire pangarée, son type bréviligne et sa poitrine près de terre, pas de doute, il est bien question de la plus ancienne race des chevaux de trait d’Europe, le cheval Ardennais.

Laboureur né, l’Ardennais est aujourd’hui bien loin de l’apogée des effectifs des années 30, quand les éleveurs lui ont reconnu ses qualités au service de l’agriculture.

Actuellement, en Moselle, on ne dénombre plus que «40 à 50 poulinages par an», selon le président des éleveurs de chevaux du département, Paul Rechenmann. Au Gaec de la Steine, il veille sur cinq poulinières et un étalon.

Plus question de prendre place devant la Mathieu de Dombasle ou la herse. La destination des Ardennais se partage de nos jours entre la boucherie, la reproduction et exceptionnellement le travail.

«La première destination des animaux élevés est la boucherie», confirme Paul Rechenmann. L’élevage et la vente de poulains concernent de plus petits effectifs et supposent «un investissement en visibilité sur des événements pour les éleveurs qui s’y intéressent». C’est à ces occasions que les acheteurs potentiels découvrent l’offre du marché.

On trouve ponctuellement des utilisations plus orientées sur le travail de l’animal. Le débardage met en valeur les qualités de l’animal, «particulièrement en terrain difficile», lorsque les tracteurs forestiers trouvent eux leurs limites. L’attelage fait aussi appel à l’Ardennais avec succès.

Sur le Gaec de la Steine, «l’élevage et la commercialisation de poulains» s’avèrent le principal débouché.

Tradition familiale

Paul a toujours connu des chevaux sur la ferme, «mon père élevait des chevaux, mon grand-père élevait des chevaux et avant lui, les Ardennais étaient déjà là». Cette «tradition familiale» se retrouve «dans presque toutes les familles qui perpétuent l’élevage des chevaux de trait Ardennais».

Et pour entretenir la flamme, Paul a fait le choix de s’investir dans le collectif.

Voilà un peu plus d’un an, il a pris la présidence du syndicat des éleveurs de chevaux de la Moselle. «On y retrouve évidement des éleveurs de chevaux de trait, mais aussi de chevaux de selle et des poneys». Ils sont une trentaine à se mobiliser pour «donner une vitrine à l’élevage équin». Et à la question des raisons de la présence continue de spécimens Ardennais en Moselle, Paul rend hommage aux familles d’éleveurs qui se sont succédé pour perpétuer les lignées ; il évoque en particulier la famille Peupion très active dans la promotion d’événements.

Relance

Dans son investissement au sein du syndicat des éleveurs de chevaux de la Moselle, Paul s’est donné comme priorités, «la mobilisation des éleveurs» du département, et «la rencontre avec les partenaires institutionnels». Il souhaite faire «partager l’ambition des éleveurs», mais également, «entendre les attentes des collectivités sur les événements grand public». À ce sujet, les Ardennais seront présents sur le salon Agrimax, avec le soutien de la Fédération des chevaux de trait du Grand Est. «Nous présenterons des animaux et nous proposerons des démonstrations de chevaux attelés et montés». Un food truck, que les amateurs de viande équine ont déjà pu apprécier lors des deux précédentes éditions, sera présent. «Nous prévoyons de distribuer 600 burgers sur ces trois journées», se félicite Paul Rechenmann.

Visibilité

Plus proche, le concours national Ardennais de Vittel a réuni la fine fleur de la race. «Près de 150 animaux étaient en concours et les éleveurs de Moselle ont présenté 18 chevaux».

Les 30 et 31 août derniers, trois élevages du département se sont distingués.

Olivier Desfreres avait présenté 11 spécimens. Il revient avec un deuxième prix, Pouliche de 2 ans (Pippa du Pré d’Awee) et un troisième prix de lot.

L’Earl des Ancres, avec cinq chevaux présents à Vittel, décroche un premier prix (Hilena de la Seille, juments suitées 8 ans et plus), un deuxième prix (Kara de le Seille, juments suitées 4 et 5 ans) et un autre deuxième prix (Neve de la Seille, mâles 2 ans).

Enfin, le Gaec de la Steine, qui s’est déplacé avec deux spécimens, remporte un premier prix avec Nuance du Wolfert, une Pouliche de 2 ans et un autre premier prix avec Majesté du Wolfert, Pouliche de 3 ans. Cerise sur le gâteau, Majesté du Wolfert revient de Vittel avec le titre de Championne Espoir.