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FCO, MHE : Vigilance pour les maladies vectorielles

Une aide de la région Grand Est va permettre de soutenir la vaccination des troupeaux contre les maladies vectorielles, pour des doses déjà acquises ou pour des vaccins achetés jusqu’à cet été.  Photo GDS
Une aide de la région Grand Est va permettre de soutenir la vaccination des troupeaux contre les maladies vectorielles, pour des doses déjà acquises ou pour des vaccins achetés jusqu’à cet été. Photo GDS

 

Actuellement présentes sur le territoire national, la Fco et la Mhe font l’objet d’une surveillance évènementielle où tout foyer doit être déclaré. La reprise d’activité vectorielle relancera le cycle de progression de ces virus : la seule prévention efficace connue à ce jour reste la vaccination.

Actuellement présentes sur le territoire national, la Fco et la Mhe font l’objet d’une surveillance évènementielle où tout foyer doit être déclaré. La reprise d’activité vectorielle relancera le cycle de progression de ces virus : la seule prévention efficace connue à ce jour reste la vaccination.

Détectées durant l’été 2023, une nouvelle souche très virulente de Fco 8 (Fièvre Catarrhale Ovine sérotype 8) et de la Mhe (Maladie Hémorragique Épizootique) sont apparues dans le centre et le sud-ouest de la France continentale. Le sérotype 3 de la Fco, détecté en Hollande en 2023, a atteint la France en été 2024 et a touché la Moselle de plein fouet en août et septembre 2024. Transmises par des moucherons piqueurs, ces maladies des ruminants ont, comme cela était hélas prévisible et annoncé, poursuivi leur expansion sur le territoire français.

Un lourd bilan de la Fco 3

La Moselle fait partie des 5 départements les plus impactés par la Fco 3, avec 872 foyers reconnus à ce jour. Une nette surmortalité globale a été constatée sur le cheptel bovin départemental à partir d’août dernier. Sur les 6 mois de septembre 2024 à janvier 2025, il y a eu environ 3.300 bovins morts de plus que la moyenne des 3 dernières années sur la même période, soit une augmentation de 35 %. Si on étudie la mortalité en fonction de l’âge, on constate que les veaux nouveaux-nés sont ceux pour lesquels la létalité est parmi les plus élevées (+ 45 % de morts comparé à la moyenne des 3 années précédentes durant les 6 mois du pic de la maladie). Presque tous les éleveurs bovins ont ainsi constaté les effets du passage de la maladie sur les vêlages de l’hiver, des veaux naissant avec des malformations congénitales du cerveau les condamnant à court terme. Même s’il est plus compliqué d’obtenir une évaluation précise, les ovins ont été durement touchés dès l’automne.

Les impacts seront durables et affecteront les filières dans leur ensemble, le Gds continue d’encourager les éleveurs à appliquer la seule prévention disponible : la vaccination. (voir encadré sur l’aide de la région).

Situation actuelle et surveillance

Les cartes publiées régulièrement par le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire recensant les foyers ont peu évolué depuis le printemps. Le mouvement général est la remontée des cas de Fco 8 vers le nord (déjà détectée en Lorraine) et la diffusion de la Fco 3 vers le sud-ouest. La zone réglementée pour la Mhe reste sur les 2/3 ouest de la France.

Quelques nouveaux foyers de Fco 3, 8 et de Mhe sont déclarés chaque semaine sur le territoire métropolitain, mais la progression géographique limitée est signe que les moustiques vecteurs n’ont pas encore repris leur activité à taux plein, ce qui va arriver pendant l’été.

Une nouvelle instruction publiée par la Dgal précise la gestion des suspicions Fco/Mhe en 2025, la procédure reste globalement la même qu’en 2024. Il est vivement recommandé de l’activer pour confirmer toute suspicion clinique afin d’améliorer le suivi de ces maladies et de repérer rapidement l’arrivée de la Mhe ou l’émergence d’un sérotype exotique. C’est également la reconnaissance officielle d’un foyer qui peut permettre d’obtenir d’éventuelles aides de l’état. L’émergence de la fièvre aphteuse en Europe centrale, dont les symptômes sont parfois proches, incite aussi à maintenir la vigilance.

Une suspicion clinique, pour être prise en charge par l’état, doit s’appuyer sur la présence d’au moins 2 symptômes (sachant qu’à ce jour, un avortement n’est pas un symptôme reconnu) et d’une analyse Pcr positive. Elle doit être déclarée sur un document spécifique rempli par le vétérinaire sanitaire de l’élevage suspect. Appelé par l’éleveur, il réalise un prélèvement sanguin pour un maximum de 3 animaux présentant des signes cliniques et envoie les prélèvements au laboratoire agréé en spécifiant Fco et/ou Mhe. S’agissant de la recherche du virus, ces tests sont possibles même sur animaux vaccinés.

Les résultats positifs obtenus hors de la procédure officielle de suspicion (contrôle export, avortements…) ne conduisent pas à la reconnaissance d’un foyer.

Après des difficultés d’approvisionnement qui ont pu être un frein à l’immunisation préventive, des vaccins contre tous ces virus sont aujourd’hui disponibles. Il est préférable d’organiser un chantier de vaccination en période de paix, même si cela est compliqué en été, plutôt qu’un chantier de soins d’urgence, coûteux, usants et parfois inefficaces. Ces virus sont déjà présents en Moselle ou à nos portes, ils continueront de se propager.

Aide de la Région Grand Est

Face à la Fco 3 qui impacte fortement notre région depuis l’automne 2024, la Fco 8 et la Mhe qui menacent nos élevages pour 2025, la vaccination reste le seul outil de prévention efficace à disposition. Il est encore possible de commander des vaccins pour immuniser les animaux avant le pic de la période d’activité vectorielle.

Pour soutenir cette protection des troupeaux, la Région Grand Est a débloqué une enveloppe d’1 million d’euros.

La gestion de cette aide est confiée aux Gds qui ont mis en place une plateforme très simple pour collecter les informations et justificatifs nécessaires.

Pour en bénéficier, les éleveurs doivent :

- Compléter le petit formulaire en ligne disponible à cette adresse : gds-grandest.fr

- Indiquer le nombre d’animaux détenus et les vaccins achetés (type, nombre de flacons et de doses, montant)

- Joindre un Rib + les factures de vaccins du 01/10/2024 au 13/07/2025 (avec la mention d’acquittement renseignée par le cabinet vétérinaire ou l’exploitant, la date et le mode de règlement)

- Date limite de dépôt : 13/07/2025

Les données ainsi centralisées pourront servir pour des demandes de financement auprès d’autres collectivités ou structures qui débloqueraient des fonds en soutien à la vaccination. Pour cela, il faudra cocher l’autorisation au Gds de communiquer un relevé synthétique des coûts de vaccination aux financeurs.

Les fonds seront versés par le Gds à partir de septembre 2025 après répartition et cumul des différentes aides possibles.