Moins d’animaux sont exportés depuis le début de l’année en raison notamment d’un déficit d’offre. Les broutards qui ne sont pas exportés sont engraissés en France.
En avril dernier, 70.000 broutards français ont été exportés, soit 11.000 animaux de moins que l’an passé le même mois (ou -11 %). Or, durant le premier trimestre 2026, seuls 261.000 têtes avaient été expédiées, un effectif déjà en repli de 15 %. L’Italie reste le premier pays destinataire (78 % des envois) devant l’Espagne (environ 20 %) et les pays du Maghreb. Mais depuis le début de l’année, le nombre d’animaux expédiés est chaque mois inférieur à l’an passé.
En avril, la destination vers l’Italie est en repli de 21 % et vers l’Espagne de 26 %. La levée récente des restrictions n’a pas relancé les affaires. Enfin, seule la Tunisie a acheté 3.000 bêtes depuis le début de l’année car le Maroc et l’Algérie restent fermés aux broutards français.
Repli de 9 %
La baisse des exportations n’épargne aucune race bovine avec cependant un désintérêt prononcé pour la Charolaise. Sur vingt semaines (jusqu’à mi-mai), seuls 85.000 Charolais et 97.000 Limousins ont été exportés, soit respectivement 22.000 têtes et 11.000 de moins que l’an passé. «Les envois de Blonds d’Aquitaine ont pâti de la fermeture des principaux pays clients aux zones vaccinales du Sud-Ouest en début d’année», souligne l’Institut de l’Élevage (Idele). Depuis le début du mois de mai, les ventes de broutards ont quelque peu repris sans retrouver leurs niveaux de l’an passé : «Sur les semaines 20 à 24, 71.000 bovins (tous sexes, âges et races confondus) ont été exportés vers l’Italie, un nombre d’animaux en repli de 9 % sur un an», précise l’Idele dans une récente note.
Depuis le début de l’année, les broutards qui n’ont pas été exportés sont engraissés par des éleveurs engraisseurs ou des naisseurs spécialisés qui étendent leur activité en engraissant des jeunes bovins.
Veaux laitiers
«Au 1er mai, 473.000 mâles de race allaitante âgés de six à douze mois étaient présents dans les élevages français, soit 17.000 de plus que l’année précédente à la même date, qui souffrait alors d’une cohorte de naissances très faible en raison des maladies vectorielles», explique l’Idele. Au cours des trois premiers mois de l’année, les mises en place ont été particulièrement dynamiques puisque 90.000 broutards ont été achetés par des ateliers d’engraissement, 6.000 de plus qu’en 2025. Mais au mois d’avril, elles ont fortement diminué : 32.000 têtes, soit 3.000 animaux de moins qu’en 2025. Aussi, 121.000 bêtes sont engraissées depuis le début de l’année, un solde juste positif de 3.000 animaux sur un an. Les exportations de veaux laitiers se sont aussi nettement repliées depuis le début de l’année. En cause, l’absence d’offre. Mi-mai, seuls 108.000 veaux laitiers ont été expédiés vers des pays tiers depuis le début de l’année (-13 %/2025 ou -16.000 veaux). Et depuis, la baisse s’est accentuée. Première quinzaine de mai, les exportations ont chuté de 32 % sur un an.



