Vous êtes ici

DNC : Comprendre la vaccination

Comprendre la vaccination. Photo Actuagri
Comprendre la vaccination. Photo Actuagri

Quelles sont aujourd’hui les règles d’accès au vaccin ? Quel cheptel peut-on aujourd’hui vacciner ?

La vaccination est mise en place dans le but d’éradiquer la maladie. La vaccination de tous les bovins est obligatoire dans un rayon de 50 km autour des foyers de Dnc. Elle a été étendue à dix départements du Sud suite à la découverte de nouveaux foyers (Hautes-Pyrénées et Ariège) en décembre 2025. La vaccination est interdite sur le reste du territoire.

Comment fonctionne la barrière vaccinale ? Quel intérêt ?

L’objectif d’une vaccination massive et rapide des zones contaminées est de stopper la circulation virale et donc que des animaux non vaccinés servent de relais à la dissémination du virus. L’immunité collective sera considérée atteinte quand minimum 75 % des animaux seront vaccinés dans 95 % des élevages de la zone vaccinale. La vaccination ne peut être efficace que si elle est concomitante à la mise en œuvre des autres mesures (dépeuplement et interdiction des mouvements). Les animaux de zones vaccinées ne pourront en sortir que lorsque les conditions d’une immunité collective seront atteintes (Site du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire - Masa).

Comment fonctionne le vaccin contre la Dnc ?

Vaccin vivant atténué ne nécessitant qu’une seule injection en primo-vaccination et permettant l’obtention d’une immunité rapide et forte. Le vaccin empêche que le virus puisse se multiplier si un animal vacciné devait être en contact avec ce dernier (animal infecté, vecteur porteur du virus…).

Quel délai est nécessaire après l’injection pour qu’un animal bénéficie de la protection vaccinale ?

L’immunité est considérée acquise entre 21 et 28 jours après l’administration du vaccin. Il est donc possible que des animaux déclarent la maladie alors qu’ils sont vaccinés (période d’incubation longue jusqu’à 35 jours et contamination par le virus sauvage pendant la période d’immunisation). Il faut un délai de 60 jours après la vaccination pour considérer que le risque d’apparition de la maladie
est quasi nul.

Quel est le délai de protection ? Faut-il faire un rappel ?

On considère que l’immunité est acquise pour une durée d’un an chez les animaux vaccinés et de 6 mois chez les veaux nés de mères vaccinées depuis plus de 28 jours et ayant bu leur colostrum.

À ce jour, le comité scientifique mis en place par la ministre ne s’est pas encore prononcé sur l’intérêt d’administrer une dose de rappel. Cela dépendra probablement de l’évolution du contexte épidémiologique. Il y a une demande terrain pour que les veaux nés de mères vaccinées et qui restent en zone vaccinale puissent recevoir une dose vaccinale avant la mise en pâture.

Comment différencier une vache positive à la Dnc d’une vache vaccinée contre la Dnc et immunisée ?

La sérologie ne permet pas de différencier si la présence d’anticorps est consécutive à une vaccination ou à une contamination naturelle.

En cas d’apparition de symptômes (nodules cutanés), seule une biopsie cutanée et une analyse par Pcr permet de faire la différence entre une contamination naturelle (souche sauvage) et une réaction vaccinale (souche vaccinale). Les réactions secondaires à la vaccination sont décrites dans 5 à 10 % des cheptels vaccinés. Elles peuvent engendrer des symptômes similaires à la maladie nécessitant un suivi minutieux des animaux vaccinés et des analyses complémentaires en cas de doute.

Pourquoi ne pas vacciner tout le cheptel français ?

La vaccination a un but d’éradication de la Dnc. Pour atteindre cet objectif, elle doit être rapide et massive dans les zones où circule le virus, et accompagnée des autres mesures. Cette stratégie a montré son efficacité en Auvergne-Rhône-Alpes et en Bourgogne-Franche-Comté. Dans le Sud, la zone vaccinale a été élargie pour obtenir cet objectif. Ce sont 750.000 bovins qui sont concernés. À ce jour, plus de 93 % ont été vaccinés en un peu plus d’un mois. Il faut souligner le bel effort de tous les intervenants (vétérinaires, éleveurs, Opa, services de l’État).

Si on voulait vacciner tout le cheptel français, il se poserait comme problèmes :

• Perte du statut indemne de tout le pays pour de longs mois avec les conséquences économiques sur le commerce.

• Problème de disponibilité du vaccin pour 15 millions de bovins (6-7 mois selon les laboratoires).

• Probablement plus d’un an pour atteindre une immunité collective.

• Surveillance de la maladie rendue impossible (sérologie non interprétable).