La campagne de moisson est désormais bien engagée en Moselle. Chez Lorca, les orges d’hiver sont récoltées à près de 90 %, tandis que les premiers colzas, blés, pois et orges de printemps arrivent dans les silos. Au Gpb comme chez Emc2, les premiers bilans dressent un constat similaire : des rendements très variables selon les secteurs et les cultures, mais une qualité des grains globalement satisfaisante.
La moisson a débuté le 18 juin avec les premières orges d’hiver. Deux semaines plus tard, près de 90 % des surfaces sont désormais récoltées chez Lorca, contre 80 à 90 % pour Emc2 et le Gpb. Comme l’explique Vincent Leber, directeur céréales à Lorca, «les premiers bilans mettent en évidence une forte hétérogénéité des rendements à l’échelle du département. En moyenne, ceux-ci s’établissent autour de 65 quintaux par hectare, mais les écarts sont parfois importants selon les secteurs, conséquence des conditions climatiques très contrastées de cette campagne». En revanche, la qualité est globalement au rendez-vous. Les poids spécifiques (Ps) sont satisfaisants, traduisant un bon remplissage des grains.
Les orges brassicoles offrent également des résultats encourageants. Les teneurs en protéines restent conformes aux attentes, même si elles flirtent avec les limites des cahiers des charges. Le principal point de vigilance concerne le calibrage, inférieur d’environ 15 points à la moyenne habituelle, ce qui pourrait réduire la part des lots répondant pleinement aux exigences de la filière brassicole.
Au Gpb, le directeur, Pierre Jacquin, évoque des rendements qui s’échelonnent entre 50 et 70 quintaux par hectare, illustrant eux aussi une forte variabilité selon les secteurs. Les orges brassicoles présentent un poids spécifique moyen de 67 kg/hl pour 11,1 % de protéines, tandis que les orges fourragères affichent un PS de 64 kg/hl avec 11,8 % de protéines.
Le directeur céréales d’Emc2, David Meder, souligne que la récente canicule a fortement perturbé le déroulement de la moisson, les chantiers ayant dû être interrompus au plus fort de la chaleur journalière. Les rendements atteignent en moyenne 60 quintaux par hectare, avec des écarts importants selon les secteurs. Les poids spécifiques sont jugés normaux et les orges brassicoles présentent de bons calibrages, compris entre 75 et 80. Les taux de protéines, généralement supérieurs à 11 %, apparaissent un peu élevés pour le débouché brassicole mais restent très variables d’une zone à l’autre.
Des débuts prometteurs pour le colza malgré les aléas climatiques
Les premières bennes de colza ont été réceptionnées à partir du 23 juin chez Lorca. À ce stade, environ 10 % de la collecte attendue a été réalisée. Les rendements observés oscillent entre 25 et 35 quintaux par hectare. «Si ces niveaux restent modestes, ils se révèlent finalement meilleurs que ce que redoutaient de nombreux producteurs après une campagne marquée par des conditions parfois difficiles», souligne Vincent Leber. Sur le plan qualitatif, les premiers échantillons sont encourageants avec de bonnes teneurs en huile, laissant entrevoir une valorisation satisfaisante de la récolte.
Au Gpb, la collecte vient tout juste de débuter. Toutefois, Pierre Jacquin s’inquiète des conséquences du violent orage de grêle survenu dans la nuit du 28 au 29 juin, qui a fortement touché une partie de la zone de collecte. Cet épisode devrait impacter sensiblement les volumes de colza collectés dans les prochaines semaines.
Chez Emc2, entre 5 et 10 % de la collecte est aujourd’hui réalisée en colza. Là aussi, les premiers rendements dépassent souvent les 30 quintaux par hectare, des résultats jugés plus favorables que ce qui était initialement redouté.
Les premiers blés encore peu représentatifs
Les premiers blés ont fait leur entrée dans les silos de Lorca le 26 juin. Les volumes restent toutefois très limités avec moins de 1.000 tonnes collectées, soit moins de 1 % de la collecte attendue. Comme l’explique Vincent Leber, «il est donc encore trop tôt pour tirer des enseignements représentatifs de la campagne». Les premiers lots réceptionnés présentent néanmoins des poids spécifiques élevés ainsi que des taux de protéines satisfaisants, deux critères essentiels pour la valorisation des récoltes.
Chez Emc2, plusieurs milliers de tonnes de blé ont déjà été réceptionnées pour une collecte qui a également débuté le 26 juin. Les premières analyses confirment également de bons poids spécifiques ainsi que des teneurs en protéines plutôt élevées, des éléments encourageants même s’il est encore prématuré de dresser un bilan représentatif de la récolte.
Un démarrage très précoce pour les pois et les orges de printemps
La récolte des pois a également démarré le 26 juin chez Lorca. À ce jour, 233 tonnes ont été collectées. Les premiers retours mettent en avant une bonne qualité des graines, mais les rendements apparaissent nettement inférieurs aux moyennes habituelles, confirmant les difficultés rencontrées par cette culture au cours de la campagne. Enfin, quelques bennes d’orges de printemps ont également été livrées à partir du 26 juin. Les volumes restent encore anecdotiques et ne permettent pas d’établir une première tendance fiable sur les rendements ou la qualité.
Une campagne qui ne fait que commencer
Si les premiers indicateurs sont globalement rassurants sur le plan qualitatif, il faudra encore attendre plusieurs jours de récolte, notamment pour le blé, afin de disposer d’une vision plus représentative de la campagne 2026. Les retours des trois principales coopératives du département convergent : la qualité des céréales est bien présente, avec des poids spécifiques satisfaisants et des taux de protéines généralement élevés. En revanche, les rendements demeurent très contrastés selon les secteurs, reflet des fortes disparités climatiques observées tout au long de la campagne.
Les prochaines semaines permettront de confirmer si cette bonne qualité pourra compenser, au moins en partie, des volumes parfois inférieurs aux attentes.



