La Fdsea en avait fait un cheval de bataille dans la lutte contre les populations de sangliers en excès. Le préfet de Moselle vient d’autoriser la lunette thermique jusqu’au 14 avril 2026.
La Moselle avait déjà pu expérimenter, par le passé, la lunette thermique dans le cadre de la gestion des excès de populations de sangliers. À l’époque, le préfet Martin avait également promu le piégeage comme solution efficace, là où les autres outils mis à disposition des chasseurs montraient leurs limites.
Mais, au grand dam de la profession agricole, l’expérimentation n’avait pas survécu au changement de représentant de l’État.
Qu’à cela ne tienne, les élus de la Fdsea et plus particulièrement son vice-président, responsable chasse et faune sauvage, n’ont eu de cesse d’argumenter en faveur de ce moyen dont plusieurs avaient pu tester l’efficacité.
Marc Schlemer s’est ainsi taillé, en Moselle et au-delà, une véritable réputation de défenseur de la lunette thermique. Pas une réunion dédiée à la gestion des populations de sangliers, pas une rencontre avec le préfet ou le Ddt sans qu’il ne reprenne par le menu les arguments en faveur de ce dispositif associé au tir de nuit. Aussi, dès son arrivée en Moselle ce printemps, le nouveau préfet Pascal Bolot a été approché sur ce sujet par la Fdsea.
«Le département de la Moselle a régulièrement réussi à réguler les excès de population de sangliers par la multiplication des outils mis à la disposition des chasseurs, qu’ils soient ou non agriculteurs», plaide Marc Schlemer, «l’autorisation des matériels à visée thermique sera de nature à contribuer efficacement à la gestion des nuisibles». Et quant à l’argument sécuritaire, souvent utilisé par les opposants à l’autorisation de ce dispositif, Marc Schlemer explique, «La lunette thermique capte la chaleur émise par les animaux. Elle sécurise le tir dans des conditions particulières où la lumière peut être insuffisante. La sécurité est un enjeu essentiel de la pratique de la chasse. L’autorisation des matériels à visée thermique dans les conditions prévues par l’arrêté préfectoral est de nature à accroître la sécurité».
Jusqu’au 14 avril
Le tir de destruction de nuit du sanglier est donc autorisé en Moselle jusqu’au 14 avril 2026 par les titulaires d’un droit de chasse (permis et assurance valides) et les tireurs qu’ils ont choisis de s’adjoindre. Il est question de tir de nuit, donc une heure après le coucher de soleil jusqu’à une heure avant le lever.
Le seul mode de tir autorisé est l’affût, à poste fixe surélevé de type mirador (hauteur au plancher conforme au schéma départemental de gestion cynégétique). Les tirs sont fichants et de courte distance (moins de 100 mètres).
La période de pratique et le secteur où sont exécutés les tirs de destruction de nuit doivent être déclarés en mairie de la commune où se trouve le territoire de chasse, à l’Onf pour les forêts domaniales et les lots communaux comprenant de la forêt communale.
Autorisation
Préalablement à toute action de destruction mise en œuvre avec un appareil de visée thermique, tout titulaire d’un droit de chasse doit bénéficier de l’accord écrit du lieutenant de louveterie en charge de la circonscription où se situe le territoire de chasse concerné. Pour les adhérents de la Fdsea qui le souhaitent, un modèle de courrier est en cours d’élaboration par le service juridique.
Dans les 48 heures qui suivent l’opération de destruction des sangliers, le titulaire du droit de chasse doit le déclarer sur le site internet de la Fdc 57 (enquête cynégétique).
C’est avec beaucoup de satisfaction que Marc Schlemer accueille l’initiative du préfet, «Nous avons collectivement intérêt à autoriser la pratique du tir de nuit du sanglier partout où les populations de sangliers causent des dommages aux cultures».



