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La lunette thermique en Moselle, c’est maintenant

Les utilisateurs de la lunette thermique doivent faire remonter leurs tableaux de chasse. Photo Actuagri
Les utilisateurs de la lunette thermique doivent faire remonter leurs tableaux de chasse. Photo Actuagri

Plusieurs dizaines d’utilisateurs de la lunette thermique se sont fait connaître en Moselle. Le dispositif d’autorisation est maintenant opérationnel. Après quelques obstacles à son déploiement, l’expérimentation autorisant un appareil de visée thermique pour le tir de nuit du sanglier a vocation à se pérenniser.

Après des débuts chaotiques, la voie est enfin libre pour un développement plus rapide de l’usage de la lunette thermique en Moselle.

Rien n’a été épargné aux promoteurs de cet outil. Voilà plusieurs années que la Fdsea travaille à l’obtention de la lunette thermique pour compléter la panoplie de moyens de lutte contre les surpopulations de sangliers.

Après une première expérimentation, fin des années 2010 sous la houlette du préfet Martin, il aura fallu attendre décembre 2025 et l’arrivée du préfet Pascal Bolot pour décrocher une seconde expérimentation autorisant un appareil de visée thermique.

Le texte proposé a, dans un premier temps, questionné sur la responsabilité portée par les lieutenants de louveterie. Le titulaire de droit de chasse devant solliciter un accord écrit du lieutenant de louveterie en charge de la circonscription où se situe le territoire de chasse concerné. Ainsi, plusieurs témoignages ont rapporté des situations où le chasseur s’est vu refusé ladite autorisation. Mais le préfet a rapidement levé cet obstacle et aujourd’hui, aucune situation de blocage n’est rapportée du côté de la louveterie en Moselle.

Aucune situation de blocage

L’arrêté autorisant le tir nocturne du sanglier avec lunette thermique en Moselle a aussi fait l’objet d’une demande en référé auprès du tribunal de Strasbourg. À l’initiative de ce recours, l’association animaliste One Voice a vu son recours rejeté par le tribunal administratif ce 26 janvier.

«En Moselle comme en Alsace, nous avons une tradition de chasse à l’affût», explique Marc Schlemer, vice-président de la Fdsea, «l’usage de la lunette thermique représente une évolution logique qui utilise une technologie moderne et sécuritaire».

Réunis le 2 février dernier, les membres du Bureau de la Fdsea de Moselle on pris l’initiative de solliciter dès à présent le préfet pour «prolonger l’expérimentation au-delà du 14 avril». À ce jour, une soixantaine de titulaires de droit de chasse ont demandé et obtenu l’autorisation de tir avec lunette thermique. «Nous sommes encore en période propice aux battues», expliquent les responsables chasse et faune sauvage de la Fdsea. «Avec l’arrivée de l’affût et la proximité des prochains semis, les chasseurs seront beaucoup plus demandeurs d’accès à ce dispositif». «Nous avons donc besoin de visibilité sur l’usage de ce dispositif, au-delà de la date du 14 avril», plaide le président de la Fdsea. Fabrice Couturier a écrit au préfet Bolot dans ce sens afin de pérenniser cet outil dans la panoplie de moyens de lutte contre les excès de populations de sangliers.

Prolonger l’expérimentation

Le tir de destruction de nuit du sanglier est donc autorisé en Moselle jusqu’au 14 avril 2026 pour les titulaires d’un droit de chasse (permis et assurance valides) et les tireurs qu’ils ont choisis de s’adjoindre. Il est question de tir de nuit, donc une heure après le coucher de soleil jusqu’à une heure avant le lever.

Le seul mode de tir autorisé est l’affût, à poste fixe surélevé de type mirador (hauteur au plancher conforme au schéma départemental de gestion cynégétique). Les tirs sont fichants et de courte distance (moins de 100 mètres).

La période de pratique et le secteur où sont exécutés les tirs de destruction de nuit doivent être déclarés en mairie de la commune où se trouve le territoire de chasse, à l’Onf pour les forêts domaniales et les lots communaux comprenant de la forêt communale.

Autorisation

Préalablement à toute action de destruction mise en œuvre avec un appareil de visée thermique, tout titulaire d’un droit de chasse doit bénéficier de l’accord écrit du lieutenant de louveterie en charge de la circonscription où se situe le territoire de chasse concerné.

Dans les 48 heures qui suivent l’opération de destruction des sangliers, le titulaire du droit de chasse doit déclarer son tableau de chasse sur le site internet de la Fdc 57 (enquête cynégétique).