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Colza : Des excès d’eau à relativiser selon les secteurs

Effet de l’excès d’eau sur le fonctionnement du colza. Source Inovia
Effet de l’excès d’eau sur le fonctionnement du colza. Source Inovia

Les forts épisodes de pluie depuis mi-janvier provoquent des excès d’eau dans de nombreuses régions, voire des inondations dans les secteurs les plus arrosés.

Sur le début de l’année 2026, de grandes quantités d’eau sont tombées et ont entraîné l’accumulation d’eau dans certaines parcelles. Selon les secteurs, les nombres de jours de pluie depuis janvier sont importants (voir tableau). Les sols de limon froid et humide sont les plus concernés (Bourgogne-Franche-Comté, secteur de la Champagne Humide, secteur de la Brie, Lorraine, Barrois). Dans certains cas, la présence d’une zone tassée limite l’infiltration dans le sol.

La croissance de la plante pénalisée

Ces fortes précipitations entraînent une anoxie racinaire dont le colza est très sensible à cette période (voir schéma). En effet, l’excès d’eau bloque l’absorption des nitrates, et provoque une fermentation des racines, qui produit de l’éthanol s’accumulant dans les feuilles. Cette accumulation perturbe le fonctionnement de la photosynthèse, et pénalise le redémarrage des plantes en limitant la croissance aérienne et surtout racinaire.

Le graphique ci-dessous montre que les situations d’hydromorphie modérée (semi-hypoxie) ont un faible impact sur la photosynthèse. Au contraire, les situations d’hydromorphie importante (hypoxie totale = ennoiement) impactent fortement la photosynthèse. La plante prend alors une couleur rougeâtre. La racine se décompose avec une odeur désagréable. Dans les cas les plus graves (anoxie importante et prolongée), le système racinaire pourrit et les pieds disparaissent.

Par la suite, ces défauts d’enracinement diminueront l’exploration racinaire, la valorisation des ressources du sol et des engrais, et les capacités de compensation en cas d’accidents climatiques (stress hydrique) ou d’attaques de ravageurs au printemps (méligèthes).

Quels impacts aujourd’hui ?

Tous les secteurs ne sont pas touchés dans la même mesure par des problèmes liés à l’hydromorphie. La Bourgogne-Franche-Comté semble plus concernée que les autres secteurs de la région Nord et Est. Les prochains jours seront déterminants pour réaliser le diagnostic des parcelles.

La conduite à tenir dépendra de l’importance de la zone impactée par l’hydromorphie :

- Si l’hydromorphie concerne une grande partie de la parcelle, le remplacement de la culture est conseillé. Pour cela, tenir compte de la réserve hydrique du sol et des herbicides appliqués à l’automne.

- Si l’hydromorphie concerne des zones limitées dans la parcelle, adapter la dose d’azote au potentiel de rendement (revu à la baisse) et maintenir la protection fongicide. Pour éviter que ces zones ne se resalissent, certains agriculteurs sèment à la volée du trèfle blanc ou violet pour occuper l’espace, et limiter les levées d’adventices.

 

Précipitations entre le 1er janvier et le 24 février. source : InfoClimat
Précipitations entre le 1er janvier et le 24 février. source : InfoClimat